Autisme : E. Philippe promet plus d'unités externalisées

Reconnaissant la "lenteur" dans le déploiement des unités d'enseignement externalisées dédiées aux enfants autistes, le Premier ministre a assuré que le dispositif allait s'étoffer. Face à lui, des parents se disent démunis, fatigués et seuls.

15 juin 2019 • Par

Thèmes :

Illustration article

Edouard Philippe a reconnu le 14 juin 2019 la "lenteur" dans le déploiement des unités d'enseignement externalisées (UEE) qui permettent à des enfants accueillis en établissement médico-social, notamment autistes, de bénéficier de l'inclusion scolaire, tout en mettant en avant le progrès réalisé en quelques années. "Il y a trois ans il n'y en avait pas, aujourd'hui il y en a quelques-unes, et dans trois ans il y en aura 45" dans les écoles élémentaires, a affirmé le Premier ministre, en compagnie de la secrétaire d'État aux personnes handicapées Sophie Cluzel, lors de l'inauguration d'une UEE à Albi (Tarn). Cette classe accueille actuellement neuf élèves autistes à l'école élémentaire de Rochegude.

Des parents démunis

"Il reste énormément à faire. (...). Bien sûr que ça se passe lentement, et que si vous êtes le père ou la mère vous espérez que ça aille plus vite", a-t-il indiqué, assurant toutefois que "le dispositif s'étoffe". Dans les écoles maternelles, plus d'une centaine de ces classes existent, tandis qu'il y a 10 ans "il n'y en avait pas du tout", a ajouté M. Philippe, en déplacement à Albi pour le congrès de Villes de France. La secrétaire d'Etat a pour sa part mis en avant sa volonté, et celle du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, de "mettre en place une école inclusive, de qualité", grâce à "une palette de dispositifs". "Ça ne se décrète pas, ça se construit, et c'est pour ça que ça peut sembler lent aux yeux des parents", a-t-elle dit, après une rencontre avec des enfants autistes et leurs parents. Pour Agnès, la mère de Julia, 7 ans, "les parents sont démunis, fatigués et seuls". "Ce n'est pas normal qu'il y ait encore des enfants, en âge d'être scolarisés, et qui, par manque de moyens ou de je ne sais quoi, restent chez eux, sans prise en charge", lance-t-elle en colère.

344 millions sur 5 ans

La stratégie gouvernementale sur l'autisme annoncée en avril 2018 a donné lieu à un "important travail souterrain ces derniers mois, qui ne montre pas de résultats très concrets mais qui était nécessaire", a indiqué Claire Compagnon, déléguée interministérielle pour l'autisme. Mmes Cluzel et Compagnon ont dressé un premier suivi de ce plan doté de 344 millions d'euros sur cinq ans, à la veille de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Il prévoit notamment de renforcer les unités d'enseignement pour autistes à la maternelle (180 unités en plus des 112 existantes, dont 30 à la rentrée prochaine). A l'école élémentaire, six unités ont ouvert à Albi, Amiens, Dieppe, Sainte-Geneviève-des-Bois, Toulouse et Vaulx-en-Velin. Dix autres ouvriront à la rentrée.

Partager sur :
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© (2019) Agence France-Presse.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations ».

Commentaires2 Réagissez à cet article

Thèmes :

2 commentaires


Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.