Santé mentale des jeunes : l'alerte des missions locales

Face à l'explosion de la détresse psychologique des jeunes post-Covid, Keltoum Rochdi, administratrice de l'Union nationale des missions locales (UNML) prône un accompagnement global, axé sur le terrain.

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Depuis la crise sanitaire de 2020, les structures d'insertion font face à une urgence silencieuse. Les obstacles à l'insertion professionnelle ne sont plus seulement matériels, ils touchent à l'intime. « Le handicap et la santé mentale sont des freins invisibles. Un jeune qu'on ne voit pas, qui abandonne, ne le fait pas par désintérêt mais parce qu'il y a une souffrance », observe Keltoum Rochdi, administratrice de l'Union nationale des missions locales (UNML), référente handicap et santé mentale, élue à Cergy-Pontoise. Les chiffres issus des récentes enquêtes de la Fédération hospitalière de France (FHF) confirment cette trajectoire alarmante : la dégradation de la santé mentale des moins de 25 ans s'accélère. Le confinement a agi comme un catalyseur de difficultés, exacerbé par la promiscuité des logements exigus et la surcharge mentale des familles. Face à cette perte de confiance, le décrochage n'est pas une fatalité, mais le symptôme d'un manque d'écoute.

Missions locales : un accompagnement à 360° pour la jeunesse

Pour briser ce cercle vicieux, les professionnels de l'insertion bousculent les méthodes traditionnelles. L'accès à l'emploi ne peut s'envisager sans une prise en compte globale de l'individu. Les missions locales déploient désormais un panel d'aides à 360° qui intègre le soutien social, les démarches administratives, l'orientation choisie et, de façon cruciale, un accompagnement psychologique adapté. L'objectif est d'aller chercher les jeunes là où ils se trouvent, car beaucoup n'osent plus franchir les portes des institutions. Cette démarche d'"aller-vers" demande de la bienveillance et du temps pour restaurer l'estime de soi. Pour renforcer ce filet de sécurité, un nouveau programme de mentorat sera officiellement lancé dès septembre prochain, offrant à chaque jeune un repère stable pour valoriser ses compétences et sécuriser son parcours vers l'autonomie.

Conférence nationale du handicap : co-construire avec les acteurs locaux

À l'approche de la Conférence nationale du handicap (CNH), présidée par Emmanuel Macron, le message des territoires est sans équivoque : les politiques publiques doivent s'ancrer dans le réel. Keltoum Rochdi regrette une déconnexion persistante entre les ministères et le tissu associatif, illustrée par le manque d'invitations initiales adressées aux réseaux de terrain. Pour réussir une inclusion durable, l'action publique doit reposer sur un diagnostic territorial précis et une véritable intelligence collective, associant les d'entreprises, les structures d'accompagnement et les parents aidants - qualifiés affectueusement d'"aimants". Le handicap ne doit plus être traité comme une maladie à guérir, mais comme une composante de la diversité sociale. Pour transformer durablement la société, l'exécutif est attendu sur des actes forts et des financements pérennes plutôt que sur de simples déclarations d'intention.

Si vous êtes inquiet pour un proche ou si vous avez des idées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114. Gratuit, ce service propose une écoute professionnelle et confidentielle, 24 h/24 et 7j/7, par des infirmiers et psychologues spécifiquement formés.

©Clotilde Costil

Keltoum Rochi en studio
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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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