F-N Buffet au Défenseur des droits: pourquoi son nom divise?

Proposé par Emmanuel Macron pour succéder à Claire Hédon, le sénateur François-Noël Buffet pourrait devenir le prochain Défenseur des droits. Mais cette nomination, soumise au Parlement, suscite de vives critiques.

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Portrait François-Noël Buffet

Qui sera le prochain Défenseur des droits ? Le 7 juillet 2026, Emmanuel Macron a proposé le nom de François-Noël Buffet pour prendre la relève de Claire Hédon, juriste et journaliste française de formation, dont le mandat de six ans arrive à son terme. Celui-ci a été marqué par une hausse spectaculaire de 70 % des réclamations.

La désignation de François-Noël Buffet n'est toutefois pas encore définitive : conformément à l'article 13 de la Constitution, le candidat doit être auditionné par les commissions des Lois de l'Assemblée nationale et du Sénat. Celle de la chambre basse a déjà été effectuée le 15 juillet 2026. Le résultat officiel de ce premier vote ne sera rendu public que le mardi 21 juillet 2026, juste après l'audition de François-Noël Buffet par ses homologues du Sénat (prévue ce même jour à 11h00). Sa nomination peut être bloquée si une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés s'y oppose.

Âgé de 63 ans, François-Noël Buffet est sénateur Les Républicains du Rhône depuis 2004 et préside la commission des Lois du Sénat depuis 2020. Avocat de formation, ancien maire d'Oullins (Rhône) entre 1997 et 2017, il s'est spécialisé au fil de sa carrière dans les questions institutionnelles, de justice, de sécurité et d'immigration. Depuis décembre 2024, il occupe également les fonctions de ministre auprès du Premier ministre chargé des Outre-mer. Son parcours parlementaire est reconnu, mais plusieurs de ses prises de position passées sur des sujets sociétaux alimentent aujourd'hui les critiques.

Pourquoi cette nomination est-elle si contestée ?

À peine annoncée, la candidature de François-Noël Buffet a provoqué une mobilisation inhabituelle. De nombreuses organisations, parmi lesquelles APF France handicap, dénoncent « un recul pour la démocratie » et estiment que certaines positions défendues par le sénateur, sur le mariage pour tous, la PMA, l'IVG ou encore les politiques migratoires et la restriction de l'Aide médicale d'État (AME), seraient incompatibles avec les missions d'une autorité indépendante chargée de protéger les droits et les libertés fondamentales. « Le parcours de François-Noël Buffet est marqué par plusieurs prises de position contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs que le Défenseur des droits est chargé de promouvoir. Ce choix n'augure qu'une seule issue : le dévoiement de l'institution », s'alarme l'association APF France handicap dans un communiqué officiel. Une pétition contre sa nomination, notamment signé par Amnesty international France, le Samu social de Paris, l'Unapei, Sidaction ou encore Unicef France, a recueilli plus de 140 000 signatures.

Un acteur clé pour les droits des personnes handicapées

Pour les personnes handicapées, l'enjeu est particulièrement important. Le Défenseur des droits est régulièrement saisi de situations de discrimination, de refus d'aménagements, de difficultés d'accès aux services publics ou encore de ruptures de droits. Le handicap constitue d'ailleurs, avec l'origine, l'un des premiers motifs de réclamations en matière de discrimination (Le handicap, 1er motif de discriminations depuis 8 ans ). Sous le mandat de Claire Hédon, l'institution a notamment rendu plusieurs décisions marquantes sur l'école inclusive, l'accès aux droits, la dématérialisation des démarches administratives ou encore la crise de l'aide humaine à domicile, estimant que certaines situations portaient atteinte aux droits fondamentaux des personnes concernées (Handicap : la DDD appelle à sortir de l'approche médicale).

Au-delà de l'identité du futur titulaire, les associations rappellent que l'indépendance du Défenseur des droits est essentielle au fonctionnement de l'État de droit. Les auditions parlementaires constitueront désormais la prochaine étape de cette nomination très observée. Elles permettront au candidat de présenter sa conception de la fonction, tandis que les députés et sénateurs devront se prononcer sur son aptitude à défendre, pendant les six prochaines années, les droits de l'ensemble des citoyens, en particulier des publics les plus vulnérables.

© ministère de l'Intérieur et des Outre-Mer / E.Delelis

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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