« Tu vas remarcher un jour ? » Dans un gymnase de Rambouillet (Yvelines), les questions d'écoliers fusent autour de Sofyane Mehiaoui, membre de l'équipe de France de basket fauteuil. Cash, il leur répond : « Non, mais mon fauteuil n'est pas un problème pour moi. »
A l'occasion de la Semaine olympique et paralympique dlu 30 mars au 4 avril 2026, les élèves petits Rambolitains testent testent des disciplines peu connues : boccia, volley assis, torball ou encore basket fauteuil. D'autres avancent les yeux bandés, guidés par la voix d'un camarade. Certains découvrent aussi des parcours en fauteuil ou des activités aquatiques adaptées. Au total, 35 classes, du CP au CM2, ont participé à cette semaine dédiée au paralympisme, soit près de 850 élèves. Chaque groupe a pratiqué entre une heure trente et trois heures d'activités.
Apprendre par la pratique
Organisée chaque année par les ministères de l'Éducation nationale et des Sports, la Semaine olympique et paralympique propose dans les établissements des ateliers, des rencontres avec des athlètes et des projets autour du sport.
L'idée est simple : utiliser le sport pour sensibiliser les élèves au handicap, en passant par la pratique plutôt que par le discours. Les enfants expérimentent directement certaines situations, notamment l'absence de la vue ou les contraintes de mobilité.
Pour les enseignants, cette semaine vise aussi à bousculer certains préjugés et à aider les élèves à mieux comprendre le handicap par l'expérience. Les élèves se disent souvent surpris de constater qu'il est possible de pratiquer de nombreuses activités sportives avec un handicap. Ce qui les marque le plus reste l'adaptation à la cécité, jugée « la plus difficile ».
La rencontre avec Sofyane Mehiaoui
La semaine s'est conclue par la venue du basketteur fauteuil Sofyane Mehiaoui, membre de l'équipe de France. Quatre classes de CM2 ont pu échanger avec lui après avoir préparé sa venue en classe. Les élèves l'ont interrogé sur son parcours, mais aussi sur les difficultés liées à la pratique, ou son handicap. : « Pourquoi as-tu choisi le basket ? », « Quelles sont les principales difficultés pour jouer ? ». La rencontre s'est poursuivie sur le terrain, autour d'ateliers de pratique. « Les enfants n'avaient plus envie de partir », rapportent les organisateurs. Ils se disent marqués par sa mobilité, son niveau de jeu et sa disponibilité.
Une mobilisation partout en FranceFrance
Cette année, environ 70 athlètes et para-athlètes sont intervenus dans des établissements scolaires. À Lyon, plus de 260 élèves ont participé au lancement national, aux côtés de jeunes issus d'instituts médico-éducatifs. Dans les Deux-Sèvres ou en Occitanie, des écoles ont également proposé des ateliers de volley assis, de boccia ou des parcours en cécité, souvent accompagnés de sportifs. Et plus globalement, lors de cette 10e édition, 2 300 structures éducatives de la maternelle à l'enseignement supérieur et 125 établissements médico-sociaux se sont mobilisés. 630 000 élèves et étudiants ont participé à de nombreuses initiations.
À Rambouillet comme ailleurs, ces initiatives reposent sur une approche concrète : faire découvrir, tester et échanger. Pour beaucoup d'élèves, c'est une première rencontre avec le handicap dans un cadre sportif. Une expérience qui montre que le sport reste accessible, à condition d'adaptations, et qui permet d'aborder le handicap autrement dès le plus jeune âge. À la fin des ateliers, certains demandaient déjà s'ils pourraient « refaire » ces activités.
©Pierre Botte


