TSA : le spectre n'a jamais aussi bien porté son nom

Les preuves que l'autisme est un vrai spectre s'accumulent. Une vaste étude confirme que le TSA est quasi systématiquement lié à d'autres pathologies. Focus sur un trouble "systémique" qui exige une prise en charge globale de ses comorbidités.

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La tête est peinte aux crayons de couleur. Concept de neurodivergence.

Longtemps perçu comme un trouble du neurodéveloppement isolé, le trouble du spectre de l'autisme (TSA) s'impose désormais comme un handicap « systémique ». Selon une étude récente publiée dans le Journal of pediatric health care, une revue américaine spécialisée comme son nom l'indique, en pédiatrie, les personnes avec un TSA subissent un « effet domino » de pathologies associées. « Le TSA n'est presque jamais seul », résument ses auteurs. Ils remarquent que les diagnostics d'épilepsie sont particulièrement fréquents dans l'échantillon étudié, tandis que les troubles digestifs (touchant jusqu'à 21,6 % des enfants de 5 à 10 ans) empoisonnent également le quotidien des familles. Des affections du sommeil sont aussi relevées. Pour April Braswell, chercheuse principale, « il existe une interaction complexe entre santé physique et mentale chez ces enfants ».

Santé mentale : l'explosion des comorbidités neuropsy

Derrière le diagnostic de TSA se cachent souvent d'autres handicaps invisibles. La prévalence du trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), de l'anxiété et de la dépression est massive : chez les 15-17 ans, le taux d'anxiété grimpe à 22,1 % et à 23,8 % pour les jeunes adultes autistes âgés de 18 à 21 ans, contre 5,8 % chez ceux non autistes. Des comorbidités qui aggravent le handicap et compliquent le quotidien des personnes concernées. Mais le caractère « systémique » du spectre s'étend aussi à la sphère gynécologique. En 2021, les travaux de Simon Baron-Cohen soulignaient que les femmes autistes rapportent davantage de symptômes liés aux cycles hormonaux (endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, le SOPK). Plus récemment, des publications de 2024 et 2025 explorent les liens profonds entre autisme, inflammation systémique et douleurs chroniques.

Vers une parité du diagnostic de handicap ?

Le profil des personnes accompagnées évolue. Le ratio hommes/femmes tend à se stabiliser autour de 3 pour 1, contre 4 ou 5 pour 1 auparavant. Ce rééquilibrage témoigne d'un meilleur repérage des profils féminins, dont les symptômes sont souvent plus subtils (Autisme : pourquoi les femmes passent sous les radars ? ). « Il n'y a pas un seul type d'autisme », martèle la Dre Kara Margolis. Cette diversité de profils confirme que le terme « spectre » est plus pertinent que jamais pour décrire ce handicap aux mille facettes.

Une prise en charge multidisciplinaire impérative

Ce qu'il faut retenir de ce constat clinique est sans appel : l'accompagnement du TSA seul ne suffit plus. Pour améliorer réellement la qualité de vie des personnes handicapées, la médecine doit briser les silos. La prise en charge doit devenir impérativement multidisciplinaire, intégrant neurologues, gastro-entérologues, gynécologie, médecins généraliste, psychiatres pour identifier les co-occurrences. C'est à ce prix, en traitant les pathologies physiques et psychiques de front, que le parcours de soin des patients gagnera en efficacité.

© designer491 de Getty Images / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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