« Il n'est jamais trop tard pour agir en faveur de l'accessibilité ». Mais pour plus de cohérence et éviter les ajustements tardifs coûteux, il vaut mieux penser l'inclusion dès les premières phases d'un projet d'aménagement. C'est ce que recommande un nouveau référentiel destiné aux acteurs de l'aménagement, publié par la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Île-de-France (DRIEAT) et l'Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France.
Le handicap invisible, angle mort de la ville
Le document élargit la réflexion au-delà des seules personnes à mobilité réduite. Il prend en compte les fragilités liées au vieillissement mais aussi les handicaps invisibles, qui représentent aujourd'hui 80 % des personnes en situation de handicap d'après l'INSEE (L'impossible définition du handicap invisible). « Leurs besoins dans les interactions avec l'environnement urbain doivent être identifiés et pris en compte », souligne le document. Les auteurs insistent également sur la nécessité d'inclure les publics vulnérables dans la recherche de solutions.
Des solutions très concrètes
Le référentiel apporte des préconisations concrètes et chiffrées, divisées en deux parties : une première autour de « mobilité et accessibilité » et une autre qui s'intéresse au « confort d'usage et qualité de vie ». Il est par exemple recommandé de prévoir des trottoirs et cheminements pour les piétons d'au moins 1,40 mètres de largeur et sans obstacle, des joints qui ne dépassent pas 1 centimètre sur les sols pavés ou encore des assises adaptées ou des poubelles accessibles, notamment au niveau de leur hauteur. On trouve également plusieurs conseils autour de la lisibilité de la signalétique : choisir une police adaptée, un bon contraste de couleurs ou doubler les informations écrites par des pictogrammes.
Une table d'orientation tactile et sonore
Pour illustrer ce référentiel, cinq ÉcoQuartiers franciliens « donnant l'exemple » ont été étudiés : Le Trapèze à Boulogne-Billancourt, Camille Claudel à Palaiseau, Bel-Air à Saint-Germain-en-Laye, La Cerisaie à Villiers-le-Bel et la ZAC du Village Olympique et Paralympique à Saint-Ouen. Des solutions, comme l'installation d'une table d'orientation tactile et sonore, sont notamment présentées.
Derrière ces exemples et recommandations, se trouve le principe de « conception universelle », définie par la Convention relative aux droits des personnes handicapées datant de 2006 comme « la conception de produits, d'équipements, de programmes et de services qui puissent être utilisés par tous, dans toute la mesure possible, sans nécessiter ni adaptation ni conception spéciale. » Selon le référentiel, cette approche permet de concevoir l'accessibilité comme « n'étant pas spécifique aux personnes en situation de handicap mais utile au plus grand nombre ».
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