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L'écriture inclusive, indéchiffrable pour les non-voyants

Résumé : Français.e.s ! Vif débat autour de l'écriture inclusive. Une fédération de personnes non-voyantes la juge "indéchiffrable" sur un écran. Elle troublerait également les personnes dys. L'inclusion n'aurait-elle pas que du bon ?

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À l'heure où la notion d'inclusion fait mouche dans le milieu du handicap, il y a un domaine où elle n'est pas forcément désirée, celui de l'écriture inclusive. De quoi s'agit-il ? Outil destiné à lutter contre les stéréotypes liés aux sexes et les inégalités entre les femmes et les hommes -au pluriel, le masculin l'emporte sur le féminin-, l'écriture inclusive consiste à inclure le féminin, entrecoupé de point-médians, dans les mots. Par exemple : agriculteur.rice.s, artisan.e.s, Français.e.s, ou commerçant.e.s. Ou à accorder avec le sujet le plus proche, par exemple « Louis et Louise sont belles ».

Proprement indéchiffrable

Mais elle est considérée comme « illisible, incompréhensible » et « proprement indéchiffrable par nos lecteurs d'écrans » par la Fédération des aveugles de France, qui s'est fendue d'un communiqué le 20 novembre 2017. Elle explique :  « Vouloir à tout prix dans une même phrase faire référence aux deux genres revient à faire naître une langue illisible, incompréhensible en particulier par ceux qui éprouvent quelques difficultés avec cette même langue, les dyslexiques par exemple. »

Mélange des genres

Intervenant dans un débat qui agite actuellement le monde de l'éducation ou des médias, cette fédération de non-voyants et de malvoyants demande « que soit mis fin à ce mélange des genres qui ne peut que porter gravement atteinte à une cause noble entre toutes mais qui serait ici bien mal défendue ». « S'il est un combat qui retient l'attention de la Fédération des aveugles et amblyopes de France, c'est bien celui pour l'égalité des droits et des chances » mais « faire de la question de la construction de la langue un sujet qui aurait rapport avec une quelconque discrimination sexuelle, c'est là faire preuve d'une inculture incroyable et de confusion redoutable », ajoute son président Vincent Michel.

Avis contraires

Avis déjà partagé par la ministre de la Culture. « Une chose qu'on n'a pas assez notée : comment font les enfants dyslexiques pour s'en sortir avec cette écriture-là ? », s'est interrogée Mme Nyssen le 27 octobre 2017 sur France Inter (article en lien ci-dessous). Elle se dit en revanche favorable à la féminisation des noms. Autrice, par exemple. Certaines associations et orthophonistes ont émis le même avis. Mais pas toutes ! Pour Nathalie Groh, présidente de la FFDys (Fédération française des dys), l'écriture inclusive « n'est pas une entrave majeure ». « La FFDys n'a pas d'avis sur l'écriture inclusive mais mon avis personnel c'est qu'il est réducteur de dire qu'on ne doit pas l'appliquer au motif qu'elle entraverait la lecture des dyslexiques », poursuit-elle. De son côté, l'Académie française, elle a qualifié l'écriture inclusive de « péril mortel » pour notre langue.

Édouard Philippe a tranché et, dans une circulaire à paraître le 22 novembre 2017, il donne consigne à ses ministres de bannir l'écriture inclusive des textes destinés à être publiés au Journal officiel, pour « des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme ».

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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