Lorsque le handicap pousse à l'infanticide

Résumé : Un père de 45 ans sera jugé à partir du 18 mars 2014 devant les assises de Seine-et-Marne pour avoir étouffé dans son sommeil sa fille Johana, 6 ans, dont il ne supportait plus le lourd handicap. Un " crime d'amour " ? Il encourt la prison à vie

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Un maçon, qui s'occupait seul de sa femme malade et de sa fille, très dépendante, comparaîtra libre devant la cour d'assises pour le plus grave des crimes prévus par le code pénal, l'assassinat. Il encourt la prison à vie. Le drame se noue dans le village de Boulancourt, à 80 kilomètres au sud de
Paris, le 3 janvier 2011. Après avoir regardé la télévision en famille et couché sa fille vers 20h30, l'homme se rend dans sa chambre, place sa main sur sa bouche et l'étouffe. C'est vers 2h du matin qu'il réveille sa femme, et avoue.

Un « crime d'amour »

« C'est un crime d'amour, une affaire qui sort de l'ordinaire", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Hubert Delarue, qui attend "non pas de l'indulgence, mais de la compréhension » de la cour d'assises. Née prématurée, Johana était tétraplégique, épileptique et souffrait d'un fort retard mental. Portant des couches, ne pouvant pas rester assise, elle dépendait totalement de ses parents, et du centre spécialisé où elle passait ses journées. Toute la responsabilité reposait sur son père, sa mère étant
maniaco-dépressive. Régulièrement hospitalisée, ses traitements l'avaient rendue amorphe. Devenu " »dépressif et inquiet », cet homme voulait tuer sa femme puis se donner la mort après avoir étouffé sa fille, « mais il n'en a pas eu le courage », relate son avocat. Il avait fait un virement de 10 000 euros sur le compte en banque de sa mère, pour payer les obsèques de toute sa famille. « C'est une accumulation de pressions qui l'a amené à mettre fin aux jours de son enfant », décrit l'avocat.

Aimant mais épuisé

L'idée d'en finir trottait dans la tête de ce maçon d'origine brésilienne depuis plus d'un an, après une énième hospitalisation de sa femme. Peu à peu, elle « s'imposait à lui comme la seule solution », noteront les enquêteurs. Sa femme le dépeint en père aimant, dira de lui qu'il adorait sa fille et s'en occupait quotidiennement, comme son entourage. A ses proches, Johana apparaissait heureuse et souriante, et progressait rapidement au centre de rééducation où elle avait été admise. Ce père aimant comme le décrivent les psychiatres, était aussi un homme « épuisé », laminé, qui ne prenait plus ses antidépresseurs et se réfugiait dans l'alcool. Il aurait refusé à plusieurs reprises l'aide extérieure. Celle de l'équipe médicale du centre où Johana était prise en charge, qui lui avait proposé de l'accueillir certaines nuits, celle de sa famille, avec laquelle il restait très discret sur ses difficultés ou encore celle d'une collègue, à laquelle il avait pourtant lancé un SOS, lui expliquant ce qu'il comptait faire. Il aurait aussi refusé de chercher une aide à domicile, qui aurait peut-être pu soulager son quotidien.

L'expertise psychiatrique devrait permettre d'en savoir plus lors du procès, l'un des spécialistes ayant estimé lors de l'enquête que son discernement était "altéré" lors des faits et qu'il n'était que « partiellement accessible à une sanction pénale ». Le procès est prévu jusqu'à jeudi 20 mars.

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Commentaires

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Le 18-03-2014 par MLA :
Je suis Présidente et Fondatrice d'une association pour faire respecter la dignité et le droit des personnes handicapées.
Cet homme a souffert et souffrira déjà suffisamment à cause de son acte. Il ne doit pas être condamné. Mettons notre espoir dans la justice qui est gérée par des êtres humains.

Le 18-03-2014 par Humanisme et moralité :
Personne en dehors de ce père ne pourra jamais comprendre la détresse et l'enfer psychologique et moral que cet homme a sans doute connu et l'épouvantable dilemme auquel il a été confronté et l'a mené là où il est aujourd'hui.C'est le jury d'assises qui sera confronté au même dilemme mais le concernant.

Le 19-03-2014 par W.Salens :
J'adhère au commentaire de Humanisme et moralité, bien que je ne connaisse point cette entité. Devant grand nombre de drames humains, il faut sans doute s'informer, mais certainement pas juger. Parfois il faut faire silence.

Le 21-03-2014 par mixou :
La on ne parle le plus un handicap mais dune injustice inhumaine de la vie. Ce père a fait ce que les politiciens et certains médecins refuses euthanasie propre. Les responsables de ses actes de parents effondrées, ne sont ils pas les politiciens et certains responsables de la médecine qui si refuse pour tout simplement pour la rentabilité des laboratoires pharmaceutiques et hôpitaux quil dirige comme des entreprises industriels.
Et oui malheureusement la maladie rapporte beaucoup plus que ca ne coûte contrairement a ce que lon nous fait croire.

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