Studios d'Hollywood poursuivis en justice par des sourds

Résumé : De grands studios hollywoodiens font l'objet de poursuites judiciaires en nom collectif aux Etats-Unis, accusés de discrimination envers les personnes sourdes et malentendantes pour n'avoir pas, notamment, sous-titré les paroles de chansons.

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La « class action », déposée en octobre 2015 dans un tribunal de Los Angeles en Californie (ouest), reproche à huit grandes sociétés de production de cinéma et audiovisuelle, dont Disney, Paramount et Sony, d'avoir commercialisé plusieurs films (ou séries) censés être sous-titrés mais dont les paroles des chansons n'ont en fait pas été retranscrites. Aucun des studios concernés n'était immédiatement joignable.

Des légendes essentielles à la compréhension

Le Parrain (1972), Avengers (2012), Les Minions (2015) ou encore des séries phare de Netflix comme Orange is the New Black ou House of Cards figurent parmi les productions épinglées dans cette action en justice. « Pour les personnes qui sont sourdes ou dures d'oreille, les légendes et sous-titres sont essentiels à la compréhension » d'un film ou d'un épisode, a déploré Meredith Sugar, présidente de l'association Alexander Graham Bell (AG Bell) pour les sourds et malentendants, l'une des parties. « Si une partie du spectacle n'est pas légendée ou sous-titrée, ils ne peuvent pas suivre ce qui se dit et ils ne peuvent pas profiter de la culture populaire de la même manière que les personnes sans problème d'audition », a-t-elle ajouté. Les plaignants demandent à ce que les studios concernés soient contraints de commercialiser des DVD qui soient pleinement sous-titrés, ainsi qu'un dédommagement, sans plus de précision.

Et les paroles des chansons ?

Les paroles des chansons sont souvent essentielles dans un film, poursuit John Stanton, autre membre d'AG Bell qui estime que ce manque prive ces personnes d'une partie de l'expérience totale d'un film. « Entre autres choses, elles peuvent expliquer le postulat d'un programme, instaurer une ambiance, avoir une valeur comique, montrer du romantisme, émettre des commentaires politiques, instaurer un changement ou encore expliquer un contexte historique mieux qu'aucun dialogue habituel ne pourrait le faire », a-t-il expliqué. « Il n'y a aucune excuse pour que les studios ne fournissent pas de sous-titres pour les paroles de chansons ».

© Maksym Yemelyanov/Fotolia

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