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Accueillants familiaux : apporter "amour et sécurité"

Accueillir des personnes en situation de handicap, leur offrir un cadre structurant et une autonomie préservée, c'est le quotidien des accueillants familiaux. Un engagement humain et exigeant qui manque encore de volontaires en France.

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Un travail « 24 heures sur 24 et (presque) 365 jours sur 365 » mais « passionnant » et résolument humain. Dans sa maison, en Lorraine, Sylvie Oswald accueille trois personnes en situation de handicap, intégrées au quotidien dans sa vie de famille.

18 000 places en France

Dans le salon de cette grande maison de Neufmaisons (Meurthe-et-Moselle), Andrée, 61 ans, colorie, tandis que Stéphanie, 41 ans, et Bruno (prénom modifié), 31 ans, regardent Les Feux de l'amour. Ces trois adultes en situation de handicap mental, qui ne se connaissaient pas avant, partagent désormais leur quotidien avec Sylvie Oswald et son mari. En France, environ 18 000 places de ce type sont ouvertes pour les personnes âgées en perte d'autonomie ou en situation de handicap.

Encourager l'autonomie

Vers 11h30, le repas est prêt : les trois pensionnaires investissent la cuisine pour faire la vaisselle, l'essuyer, mettre la table. Tout le monde met la main à la pâte sans rechigner. Plus tôt dans la matinée déjà, ils avaient chacun eu à ranger leur chambre, passer l'aspirateur dans les parties communes ou encore vider le lave-vaisselle. La participation aux tâches du quotidien a pour but « qu'ils gardent leur autonomie », explique leur accueillante, et ce malgré leur pathologie.

Entre sécurité et liberté

Ici, Sylvie Oswald le répète : elle n'est « pas la famille, ni une famille de substitution », mais malgré tout, ces personnes handicapées, souvent en rupture familiale, ont trouvé « amour et sécurité ». « On va leur apporter, quand même, un contenu familial. » Chacun a aussi son intimité et vaque à ses occupations en toute liberté. Bruno, par exemple, aime beaucoup sortir, quand Andrée, surnommée Dédé, peut faire des mots-mêlés dans sa chambre et Stéphanie regarde la télévision assise sur son lit. Disant être « bien » chez Mme Oswald, Andrée confie aussi que seule, elle peut avoir « des tendances suicidaires » : être entourée la sécurise.

« Ce métier, c'est de l'humain »

Leurs prises en charge médicales et leurs activités de loisirs à l'extérieur sont aussi organisées par Mme Oswald. Ils participent aux « repas de famille, fêtes, mariages » de sa propre famille, explique-t-elle. Pour Sylvie, ce métier, « c'est de l'humain. Tout le monde ne serait pas capable de le faire car, pour certains, le handicap est lié à quelque chose de négatif », regrette-t-elle. Les profils éligibles au placement en famille d'accueil sont toutefois sélectionnés, afin que la cohabitation se passe au mieux. « Il faut une certaine autonomie (de la personne accueillie), une demande, une pathologie compatible » avec une vie de famille.

Salariés, les accueillants familiaux ont des congés payés

Les accueillants familiaux, salariés, doivent également prendre des congés payés dans l'année. Leurs pensionnaires sont alors placés dans des « familles relais » ou temporairement en institution. Avant de choisir de terminer sa carrière professionnelle en tant que famille d'accueil, Sylvie Oswald travaillait déjà dans une institution prenant en charge des personnes handicapées. Là-bas, « il y avait dix personnes à gérer » en même temps, impossible donc d'individualiser les rapports autant qu'en famille d'accueil.

Plus d'activités et de moments de partage

Questionnée, Stéphanie dit qu'elle préfère nettement être chez Sylvie Oswald. Au foyer, où elle était avant, il y avait « trop de monde », et elle ne sortait pas aussi souvent. Là, elle va à l'équitation une fois par mois. Auprès de Cracotte, la jument qu'elle a l'habitude de monter, elle dit se sentir encore mieux. « Quand elle était en foyer elle venait deux ou trois fois par an et là elle vient tous les mois. Elle est beaucoup plus autonome sur les tâches qu'on lui demande », observe sa monitrice, Lucie Fournerat-Croiset. Les trois amis aiment aussi parcourir les allées de l'hypermarché à proximité, à la recherche de biscuits ou de sodas, un autre moment de partage.

Un besoin urgent de familles d'accueil

En Meurthe-et-Moselle, une trentaine de familles d'accueil sont en activité. Mais il en faudrait bien plus et susciter des vocations chez des accueillants plus jeunes pour répondre aux demandes. Un rapport de l'Assemblée nationale alertait en 2020 sur « l'urgence de développer l'accueil familial » qui peut aussi « constituer une réponse à la solitude des personnes âgées ».

© Izusek de Getty Images Signature

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