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Sophie Cluzel, la ministre qui va faire la différence ?

Ca va bouger dans le domaine du handicap ? Sophie Cluzel, nouvelle secrétaire d'État, dit connaître les attentes des familles. 4e plan autisme, augmentation de l'AAH, rentrée scolaire : elle est à pied d'œuvre.

24 mai 2017 • Par

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Handicap.fr : Le 22 mai 2017, le Premier ministre, Édouard Philippe, a répondu, en votre compagnie, à l'invitation des Maisons partagées Simon de Cyrène (article en lien ci-dessous). Cinq jours seulement après sa nomination, faut-il y voir un message fort du Gouvernement en faveur des personnes handicapées ou une simple opération de communication comme le déplorent certains sur les réseaux sociaux ?
Sophie Cluzel : C'est sans aucun doute un message fort. Le Président de la République, tout comme le Premier ministre, ont fait du handicap une priorité pour ce quinquennat. J'en veux pour preuve que mon premier déplacement s'est fait aux côtés d'Édouard Philippe. Une façon pour le Premier ministre de réaffirmer son engagement pour la politique du handicap. Les maisons partagées Simon de Cyrène sont un exemple de vivre ensemble au cœur de la Cité. À l'inverse de ce que l'on voit d'habitude, la réponse part de la situation individuelle de chaque personne pour bâtir une réponse collective avec une mutualisation des moyens.

H.fr : Le secrétariat d'État en charge du handicap est désormais rattaché au Premier ministre et non plus au ministère de la Santé. Concrètement, qu'est-ce que cela va changer ?
SC : Tout ! Cette décision du Président de la République est emblématique. Il est enfin reconnu que le handicap doit se traiter dans la transversalité. Cela me permet de travailler avec tous les autres ministres du Gouvernement pour lancer des chantiers et, in fine, d'être plus efficace. Et, une fois encore, cela témoigne de l'importance de la politique du handicap dans ce quinquennat. J'ai d'ailleurs eu une réunion de travail lundi dernier avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, pour préparer la rentrée scolaire.

H.fr : Le handicap est-il un domaine à part entière qui réclame un engagement spécifique ?
SC : Oui et il doit irriguer toutes les politiques publiques.

H.fr : Parce que vous êtes une maman concernée par le handicap et une militante associative de longue date, votre nomination a suscité des réactions plutôt très favorables de la part des personnes concernées et du milieu associatif. Comment accueillez-vous la confiance qui vous est accordée ?
SC : Avec beaucoup de gravité car j'ai conscience de la tâche immense qui repose sur mes épaules. Je connais l'attente des familles, dont je fais partie. Mais j'attache particulièrement une grande importance à l'écoute des personnes handicapées. Il y aura également un travail de concertation avec les différentes associations.

H.fr : Mesurez-vous pleinement l'espoir qui est placé par les personnes handicapées qui, pour beaucoup, se considèrent comme laissées à l'abandon, dans votre nomination ?
SC : Bien sûr. Comme je vous l'ai dit, il est important de travailler avec les personnes handicapées, d'écouter ce qu'elles ont à dire. Je crois que ce changement sémantique a son importance. Il faut laisser le choix à ces personnes et surtout les accompagner dans ce choix. Je souhaite insister aussi sur le fait qu'il n'y aura pas de ma part de mise en avant d'un handicap au détriment d'un autre. Je souhaite également leur redonner la parole comme expert de leurs compétences, leurs besoins, et les encourager à  exprimer leurs aspirations, leurs ambitions.

H.fr : En quoi le fait d'être une ministre issue de la société civile, contrairement à vos prédécesseurs qui étaient des femmes engagées dans la politique, peut faire une différence dans votre manière de mener cette mission ?
SC : Vingt-et-un ans d'expérience dans le monde du handicap en tant que présidente d'associations ; des années durant lesquelles je me suis battue pour améliorer la situation des personnes en situation de handicap. Je connais les problématiques mais également les réussites. J'ai vécu au quotidien les obstacles à surmonter pour les personnes handicapées et leurs familles. Je suis moi-même maman d'une  personne handicapée, puisque ma fille, Julia, a une trisomie.

H.fr : Plusieurs mesures phares ont été annoncées par le candidat Emmanuel Macron mais l'augmentation de l'AAH de 100 euros cristallise toutes les attentes. Quand et comment son Gouvernement compte-t-il la mettre en œuvre ?
SC : C'est en cours. Nous sommes dans une phase de concertation mais c'est une priorité, en effet, et je saisis les attentes des personnes handicapées sur cette question cruciale.

H.fr : En matière de handicap, à quel chantier prioritaire votre ministère compte-t-il s'atteler en priorité ?
SC : Les chantiers seront calendaires. Je pense qu'il est important de le rappeler. La priorité sera donc donnée à la rentrée scolaire. Puis, dans un même temps, le lancement du 4e plan autisme.

H.fr : Est-il encore trop tôt pour annoncer d'autres mesures ?
SC : Oui. L'important, tout d'abord, est de faire un état des lieux et d'établir une concertation avant de véritablement annoncer des mesures, ce qui est prématuré aujourd'hui.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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