Santé mentale des femmes : un rapport, 25 recommandations

2 fois plus touchées par la dépression et 3 fois plus par les troubles anxieux, les femmes payent le prix fort en matière de santé mentale. Pourtant, cette question est reléguée au 2nd plan. Un rapport parlementaire dresse un constat alarmant.

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« Les femmes sont souvent en première ligne du bataillon des personnes confrontées à des difficultés psychiques », explique Pascale Martin, députée. L'élue de Dordogne examinait le 11 juillet 2023 à l'Assemblée nationale, avec l'ensemble de la délégation aux droits des femmes, un rapport d'information sur la santé mentale de celles-ci. « Bataillon », « première ligne »... Le champ lexical militaire est très présent, et pour cause. Il s'agit du premier poste de dépense de l'Assurance maladie, avec un coût de 23,4 milliards d'euros chaque année. « Une dépense qui pourrait être diminuée », estime Pascale Marin, surtout si « l'on prenait mieux en compte la santé mentale des femmes ». Ces dernières sont, en effet, deux fois plus concernées par des troubles dépressifs et trois plus affectées par des troubles anxieux que les hommes, d'après la délégation.

Burn-out, charge mentale, harcèlement sexuel…

Cette spécificité féminine s'explique par une multiplicité de facteurs déclencheurs ou aggravants. D'abord, les femmes sont plus exposées au harcèlement sexiste ou sexuel. Elles sont également plus touchées par le burn-out, tant sur le plan professionnel que personnel, ou exposées à des facteurs environnementaux, notamment de précarité. « Les femmes n'occupent pas le même type d'emplois, ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes et accèdent moins aux postes les plus rémunérateurs », soulignent les rapporteures. Enfin, la maternité peut constituer un temps de vie propice au développement de difficultés psychologiques, engendrées par les fausses couches, les interruptions médicales de grossesse ou encore les décès précoces. Ces situations ont été aggravées par la crise sanitaire qui s'est traduite par une augmentation des troubles psychiques chez les jeunes et notamment les jeunes filles et parmi les professions dites « essentielles » (infirmières, caissières, aides à domicile), principalement représentées par des femmes, et dont la charge mentale n'a cessé de croître.

Une prise en charge insuffisante et inadaptée

Or, la prise en charge spécifique de la santé mentale féminine reste « insuffisante et inadaptée ». La raison ? Une méconnaissance de ce sujet de genre, par les professions médicales ou paramédicales, d'après les rapporteures. En effet, « de nombreuses études sont effectuées avec un échantillon uniquement masculin et sont publiées sans préciser l'effet du sexe sur le résultat », déplore l'une d'elles, Anne-Cécile Violland, députée. « Les professionnels, cliniciens et chercheurs, femmes comme hommes, participent à ce système inégalitaire par leurs représentations liées au genre, alors qu'il est bien établi que les femmes présentent des particularités biologiques dont la recherche médicale et pharmacologique doit tenir compte », poursuit-elle. De plus, femmes et hommes ne métabolisent pas de la même manière les traitements.

25 recommandations spécifiques

Face à ces constats, la délégation a formulé 25 recommandations, avec des mesures concrètes à plus ou moins longs termes, « afin d'améliorer significativement la santé mentale des femmes ». Ces préconisations, destinées à la fois aux politiques publiques et médicales, s'articulent autour de trois axes : « déconstruire les stéréotypes, lutter contre les inégalités et restaurer l'image de soi », « former les professionnels et sensibiliser le public », et « prévenir, dépister, prendre en charge ». Le tout en misant notamment sur des campagnes de sensibilisation en milieu scolaire, en formant mieux les acteurs de santé ou encore en améliorant les dispositifs existants comme MonParcoursPsy (Lire : MonParcoursPsy : un an après, les psy vent debout  ). « Il s'agit là d'un enjeu de santé publique majeur, tant pour les femmes que pour l'ensemble de la société », conclut le rapport, adopté à l'unanimité. Il est en ligne sur le site de l'Assemblée nationale et n'a, pour l'heure, qu'une valeur informative.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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