Autisme : le conseil de l'Europe condamne la France

Résumé : La France condamnée par le Conseil de l'Europe pour ne pas avoir respecté le droit à la scolarisation des enfants autistes. 2ème coup de semonce après celui de 2003. La ministre Marie-Arlette Carlotti réagit !

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Le mercredi 5 février 2014, le Conseil de l'Europe condamne la France pour ne pas avoir respecté le droit à la scolarisation des enfants autistes dans des établissements de droit commun, ainsi que l'absence de prédominance d'un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées. Cette décision votée le 11 septembre 2013 n'a été rendue publique qu'aujourd'hui. La précédente sentence remontait à 2003.

10 ans d'immobilisme ?

Le Conseil de l'Europe, instance de défense des Droits de l'Homme, qui rassemble 47 états européens, réitère et accuse la France de ne rien faire pour scolariser les enfants autistes. Notre pays a pourtant ratifié, il y a quinze ans, l'article 15 de la Charte sociale européenne, qui garantit la scolarisation et à la formation professionnelle des jeunes autistes. Cette condamnation vient donc une nouvelle fois sanctionner dix ans d'immobilisme sur ce sujet. Elle justifie a posteriori l'engagement du Gouvernement à travers un 3ème Plan autisme doté de 205 millions d'euros. Rappelons qu'on estime à 600 000 le nombre de personnes autistes en France.

Carlotti est déterminée

Prenant acte de cette condamnation, Marie-Arlette Carlotti a aussitôt réagi : « Je veux que cette condamnation soit la dernière. C'est pour cela que nous avons fait du diagnostic précoce une priorité du Plan, que nous créons 700 places en unité d'enseignement en maternelle (une unité par département à terme), que nous finançons 850 places de SESSAD, que nous avons recruté 10 000 AVS en deux ans et que nous proposons un CDI à 28 000 assistants d'éducation. La condamnation par le Conseil de l'Europe me conforte dans mes choix et dans ma détermination. »

Seulement 30% des enfants scolarisés

L'Europe est formelle : il devient urgent d'ouvrir les portes de nos écoles aux enfants autistes et de proposer à ceux qui ne peuvent s'y rendre de recevoir, dans les établissements spécialisés, une véritable éducation. Malgré la loi Handicap de 2005 qui garantit l'insertion des élèves handicapés au sein de l'école ordinaire, aujourd'hui seuls 30% des enfants autistes y sont scolarisés. Ce deuxième coup de semonce aura-t-il l'effet escompté ? Le Conseil se montrera vigilant pour suivre les mesures par le gouvernement qui seront prises pour corriger cette situation.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 05-02-2014 par isa02 :
j'ai vécu le rejet de mon enfant a l'école dite "normale" je le souhaite a personne.mon fils avait comme "la peste" tout le monde reculait quand il arrivait, c'est honteux! ok avec la condamnation.

Le 08-02-2014 par riram :
Pourquoi vouloir intégrer à tout prix des gamins qui risquent de se sentir mal dans le système actuel? Près de 30 gamins par classes des profs pas préparés pour gèrer le handicap etc...les autistes ont besoin d'une prise en charge adaptée avec éventuellement des temps d'intégration en classe "normale", pas l'inverse!

Le 10-02-2014 par GSH13 :
J'ai cru comme d'autres à l'intégration des enfants différents dans les écoles normales.
Cela a été une profonde erreur.
AVS se désistant, corps enseignant rejetant mon fils et cherchant à le sortir du système scolaire.
Il a fini par passer son son temps scolaire au fond de la classe sur un matelas de sport, pour se "reposer".
J'ai fini par le mettre dans une école privée avec une classe adaptée à sa pathologie, et j'avoue que nous sommes passés de l'enfer au paradis. Alors, non, ne me dites pas que tout est fait pour l'intégration des enfants TED AUTISTES, surtout pas en France !!
C'est comme les ULIS, cela se compte sur les doigts d'une seule main.
J'ai dépensé une énergie infinie entre les administrations, les recommandés, les appels, les ballades entre services..... c'est certainement le quotidien de beaucoup de parents.
Peu de structures, listes d'attente interminables, démarches longues....
Si tout était plus simple, certains pays y arrivent, pourquoi pas nous ?

Le 17-03-2016 par GL 35 :
C'est toujours la même chose : soit le droit est en retard sur la réalité et c'est difficile d'obtenir une 'légalisation' attendue ; soit et c'est le cas ici, le droit est en accord mais c'est la mise en application qui ne suit pas ...A quand un juste équilibre ?

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