Manif en faveur des MDPH : des "maisons" précieuses ?

Résumé : Sous les fenêtres du ministère de la santé, ils ont dressé un mur de briques prêt à se fissurer pour dire "Stop à la casse des MDPH". Ces manifestants menés par l'APF craignent pour l'indépendance des maisons des personnes handicapées.

Par , le 

Lire les réactions et réagissez !

Ils sont une trentaine à battre le pavé parisien devant un décor symbolique dressé pour l'occasion sous les fenêtres du ministère de la Santé et des affaires sociales. Il est 14h ce 14 octobre 2015. Un mur de briques branlantes prêt à s'effondrer, sur lequel on peut lire : « MDPH : Stop à la casse ». La mobilisation est malheureusement restée confidentielle malgré l'appel national de l'APF (Association des paralysés de France). Les militants, pour la plupart en fauteuil roulant, entendent dénoncer les menaces qui pèsent, selon eux, sur les Maisons départementales des personnes handicapées.

Décideur et payeur ?

Actuellement, ces structures sont pilotées conjointement par l'Etat, le conseil départemental, les associations, l'Agence régionale de santé, la Caisse d'allocations familiales, regroupés au sein d'un groupement d'intérêt public. Pour le moment indépendantes et impartiales mais jusqu'à quand ? L'APF craint en effet que leur fonctionnement ne soit remis en cause par « les projets locaux de certains conseils départementaux, qui tentent d'intégrer les MDPH dans l'organigramme de leurs services ». L'association redoute une « mainmise » des conseils départementaux, et des partenaires réduits au rôle de « potiches ». Faut-il redouter, face aux difficultés budgétaires de certains départements, l'instauration de disparités sur notre territoire national ? Par ailleurs, comment le décideur pourrait-il être aussi le payeur ? L'APF regrette également que le projet de loi sur le vieillissement, en cours d'adoption au Parlement, favorise le développement de Maisons de l'autonomie (MDA). Déjà expérimentées dans plusieurs départements, celles-ci regroupent les services destinés aux personnes âgées en perte d'autonomie et aux personnes handicapées.

Une pétition remise en mains propres

Seulement une poignée de manifestants sur le terrain mais 36 000 signatures entre leurs mains, celles d'une pétition lancée en mars 2015 qui a pour slogan « Touche pas à ma MDPH ». A 14h30, elles sont remises par une délégation de l'APF aux conseillers du cabinet de Marisol Touraine, ministre de la santé. Depuis l'avenue Ségur, c'est à elle que s'adresse Alain Rochon, président de l'APF. Il lance « un cri d'alarme » mais l'ampli ne suffit pas à porter sa colère jusqu'à l'autel ministériel. Bruit de la rue, une rue qui vaque à ses occupations, à peine intriguée par ce décor singulier. Le président a pourtant des choses à dire, des choses à craindre... Selon lui, « ces maisons départementales, guichet unique, sont des piliers de la loi handicap de 2005 qui s'apprêtent à s'effondrer ».

Le Front de gauche en renfort

Edouard Ferrero, président de la CFPSAA, association de personnes aveugles, est venu prêter main forte. « La France est une et indivisible et ce qui est vrai à Lyon l'est aussi à Paris mais avec cette menace pesant sur les MDPH, cela risque de ne plus être le cas ». Quant à Éric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche et conseiller régional d'Île-de-France, il s'est drapé dans son écharpe tricolore pour afficher son soutien, rappelant que « la République doit apporter une égalité de traitement sur l'ensemble de son territoire » et regrettant que « les plus nécessiteux soient les premières victimes de l'austérité. » A son tour, une militante saisit le micro : « Nous sommes là pour protéger un système qui a été favorable aux personnes handicapées mais qui, si on l'abime, pourrait avoir de fortes répercussions sur leur vie. » Après le désamour pour des « maisons » accusées parfois de tous les maux, serait-il venu le temps de la réconciliation ? Des noces qui, au demeurant, ne sont ni de coton ni d'argent ni de soie mais… de brique.

Lire les réactions et réagissez !  

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

Réagissez à cet article

Le 15-10-2015 par Collectif Citoyen Handicap :
Comment les gens pourraient se mobiliser à l'appel d'une association au 960 millions de subventions, complice du gouvernement sur tous les sujets. Par contre pour dénoncer les 48 000 CUI illégaux des Auxiliaire de vie Scolaire, l'esclavage mis en place par Macron sur les personnes handicapées, on ne voit personne .... Association Profiteur des Faibles, voila ce que veut dire APF maintenant

Le 16-10-2015 par Ehkytai :
Bonjour,
Allité depuis plus de 8ans et amblyobe, vivant seule je n'ai eu aucune aide de la mdph guadeloupe, bien au contraire...
Pourtant j'ai signé cette pétition, tout simplement parce que personne n'est capable de nous tenir informés sur les changements que cela augure pour nous ?!
Il n'y a pas d'APF en guadeloupe et cela est trés regrettable !!!... ;-((
Namasté

Le 16-10-2015 par Walter Salens :
@Collectif....: moi aussi, j'ai quelques doutes à l'égard de telle ou telle manif, pétition généraliste ou autres. A force de tout mixer, j'essaie de vous comprendre: d'où sortez-vs les 960 M€ de subventions? J'ai devant moi le rapport financier 2014.
Un peu de mal aussi à comprendre "48 000 CUI..des AVS"? Allumer ma lanterne, light my fire, please and thank you.

Le 16-10-2015 par titi37 :
Bonjour, le chiffre de 960 millions € me parait aussi excessif. A moins que ce ne soit sur plusieurs années ?
Le magazine "Capital" a mené une enquête sur le fonctionnement budgétaire de certaines associations caritatives (http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/special-associations/associations-caritatives-auxquelles-donner-en-confiance).
Le budget total pour l'APF mentionné est de l'ordre de 659 millions €, dont 33.9 millions € de legs, dons privés, etc...

Soumettre votre avis

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.

Haut

Recevez la newsletter Handicap.fr