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Le RIP, le pro des pros ! - Information Handicap.fr
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Le RIP, le pro des pros !
Publié le : 26/07/2010
Auteur(s) : Jean-Michel Lamiaux, en charge de l’insertion professionnelle à la CNSA
Résumé : On les appelle les RIP*. Présents dans chaque MDPH, ils orchestrent l'insertion professionnelle des travailleurs handicapés. Le point sur ce nouveau métier avec Jean-Michel Lamiaux, en charge de l'insertion professionnelle à la CNSA**.
* Référent pour l'insertion professionnelle
**Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie
Handicap.fr : Qu'est-ce qu'un RIP ?
Jean-Michel Lamiaux : C'est un Référent pour l'insertion professionnelle. Il intervient dans les nombreuses missions de la MDPH : la reconnaissance du statut de travailleur handicapé, l'orientation vers le milieu protégé ou le marché du travail, mais aussi la diffusion de l'information nécessaire à l'emploi et l'insertion professionnelle des personnes handicapées. Il assure également la liaison avec l'AGEFIPH pour rendre disponibles dans les MDPH l'information relative à ses aides. Et, plus largement, il fait le lien avec les différents organismes du service public de l'emploi (SPE), tels que le Pôle emploi ou les Cap Emploi.
H : De quels corps de métier les RIP sont-ils issus ?
JML : Beaucoup sont des juristes ou cadres administratifs, mais la majorité présente des profils spécialisés : anciens secrétaires de COTOREP, contrôleurs du travail, cadres ressources humaines, travailleurs sociaux, conseillers ou formateurs en insertion professionnelle et beaucoup plus rarement des psychologues.
H : A quel moment le statut de RIP a-t-il été mis en place ?
JML : La loi du 11 février l'a instauré, dans l'article L146-3: « Un référent pour l'insertion professionnelle est désigné au sein de chaque MDPH ». Un autre article, le R146-30 définit explicitement ses missions : « Il est chargé des relations de la maison départementale avec le DDTEFP (Direction Départementale Travail Emploi Formation Professionnelle) pour toutes les questions relatives à l'insertion professionnelle des personnes handicapées ».
H : Avant cette création, qui était en charge des questions de l'emploi des travailleurs handicapés ?
JML : C'était la COTOREP, mais avec des ambitions certainement moins grandes en termes d'informations des usagers, en tout cas moins personnalisées. L'accès à l'information est un point sur lequel insiste particulièrement la loi de 2005.
H : Ce qui signifie que l'on trouve un RIP dans chaque MDPH ?
JML : En 2008, nous nous sommes posé cette question. Il y en avait à l'époque dans 80 %. Aujourd'hui, il y en a au moins un par département, parfois pleinement dévolu à la question de l'emploi, d'autres fois avec d'autres missions. On en compte 112 dans toute la France. Mais cela dépend évidemment de la taille de la MDPH. Dans les grands départements, ils peuvent être plusieurs, et leur rôle sera, par exemple, de former l'ensemble des agents d'accueil aux questions relatives à l'emploi. C'est une meilleure solution pour les usagers. Ils ne sont donc pas confrontés à un interlocuteur unique et peuvent s'adresser à l'ensemble de l'équipe avec une réponse plus globale sur leur situation qui ne se limite pas à la sphère de travail mais prend également en compte d'autres domaines.
H : Les postulants qui souhaitent avoir des informations sur l'emploi ne sont donc pas forcément en contact avec le RIP de leur département ?
JML : Cela dépend vraiment de la taille de l'équipe. Si la mission d'accueil est correctement remplie, la présence du RIP est transparente pour l'usager.
H : Sont-ils en lien avec les entreprises et peut-on les solliciter pour trouver un emploi ?
JML : Non, ce n'est pas leur rôle. La relation entre les entreprises et les MDPH est assez ténue. En matière d'accès à l'emploi, la MDPH délivre des « droits » qui permettent de suivre un parcours professionnel adapté. Elle adresse ensuite les candidats, y compris pour des emplois en entreprise adaptée, vers des services de placements spécialisés comme Cap Emploi ou Pôle emploi (ex ANPE) qui possède des correspondants handicap dans chaque centre. Il y a aussi une nouvelle donnée : les psychologues de l'AFPA, qui intervenaient fréquemment auprès des personnes handicapées, ont rejoint les équipes des Pôles emploi et devraient poursuivre leur contribution à ce public.
H : Peut-on déjà dresser un bilan sur le travail réalisé par les RIP ?
JML : Une première rencontre nationale a eu lieu en novembre 2009. Une seconde en avril 2010 a permis de faire un état des lieux sur ce nouveau métier, qui n'existe finalement que depuis 2 ou 3 ans et qui, même s'il a une base commune, s'est construit de façon locale. Il était donc important de pouvoir échanger et de confronter les expériences.
H : Les usagers sont-ils globalement satisfaits de ce nouveau dispositif ?
JML : Deux ou trois départements se sont penchés sur la question et les ont interrogés sur leurs attentes. Nous attendons leur retour.
H : Quelques chiffres à nous citer ?
JML : Une enquête INSEE de 2007 chiffrait à 1,8 million le nombre de bénéficiaires de l'OETH (Obligation d'emploi des travailleurs handicapés). Tous n'ont pas fait l'objet d'une décision de la CDAPH : 561 000 sont titulaires d'une rente AT/MP (accidents du travail/maladies professionnelles) et 878 000 d'une pension d'invalidité. La même enquête montrait que leur taux de chômage s'établissait à 19 %, soit plus du double de celui atteint pour l'ensemble des personnes de 15 à 64 ans. Fin 2009, le nombre de demandeurs d'emploi travailleurs handicapés s'élevait à 250 256. 116 211 personnes travaillaient en ESAT et 29 702 en entreprise adaptée.
Propos recueillis parEmmanuelle Dal'Secco
crédit photo : franck beloncle CNSA
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