John McFall devient le premier parastronaute de l'histoire

Amputé d'une jambe et sportif paralympique, John McFall vient d'être sélectionné parmi 22 500 autres candidats pour intégrer l'Agence spatiale européenne (ESA), devenant ainsi le premier parastronaute à tutoyer les étoiles.

• Par

Thèmes :

Commentaires1 Réagissez à cet article

Handicap.fr est gratuit, aidez-nous à le rester. Soutenez-nous !

Un peu comme le premier pas de Neil Armstrong sur la lune, les premiers pas de John McFall, un sprinteur paralympique britannique, à l'Agence spatiale européenne (ESA) sont historiques. Amputé d'une jambe à l'âge de 19 ans à la suite d'un accident de moto, McFall a été sélectionné parmi 22 500 candidats pour intégrer l'organisation intergouvernementale dédiée à l'exploration de l'espace (article en lien ci-dessous). L'athlète de 41 ans devient ainsi la première personne en situation de handicap à rejoindre les rangs de l'ESA et participe dans le même temps à la création d'un nouveau mot : « parastronaute ». « C'est pionnier et c'est excitant », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse le 23 novembre 2022. « Je pense que je peux apporter l'idée inspirante que la science est accessible à tout le monde et que l'espace est potentiellement pour tout le monde aussi », a-t-il ajouté.

Les personnes en situation de handicap qui candidataient « ont passé les mêmes sélections » que les candidats valides, a précisé l'astronaute français Thomas Pesquet sur France 2. « On n'a pas été plus tendres avec eux qu'avec les autres, ils ont un niveau incroyable! ». « L'idée, c'est d'aller chercher des capacités partout où elles sont », a-t-il ajouté, soulignant que les astronautes « ont vocation à être ambassadeurs de l'Humanité dans l'espace ».

Médecin et athlète paralympique

John McFall a dû renoncer à son ambition de rejoindre l'armée mais il est devenu un athlète professionnel. Connu pour ses performances aux 100 et 200 mètres dans la catégorie des amputés au-dessus du genou, McFall a remporté de nombreuses médailles, dont celle de bronze au Jeux paralympiques de Pékin en 2008. Le sportif a également fait ses preuves en sciences puisqu'il est membre du Collège royal de chirurgie et exerce actuellement comme docteur en traumatologie et en orthopédie dans le sud de l'Angleterre. Parallèlement à ses études, il s'est engagé dans un programme destiné à soutenir les sportifs paralympiques en devenir et il a travaillé pour l'organisation des jeux paralympiques de Londres en 2012.

Rendre l'espace plus accessible

Il s'est dit « incroyablement fier et excité » d'avoir été sélectionné. « Cela a fait l'effet d'un tourbillon, car, étant amputé, je n'avais jamais pensé que devenir un astronaute était une possibilité ». Sa nouvelle promotion va permettre le déploiement d'une « étude de faisabilité sur son vol dans l'espace et sur ce qui doit être adapté pour les personnes handicapées », a annoncé l'ESA. « J'ai pensé que je serais un très bon candidat qui aiderait l'ESA à répondre à cette question : 'Comment peut-on emmener des personnes handicapées dans l'espace ?'», affirme-t-il. Il lui faudra tout de même patienter avant de vivre cette aventure, « potentiellement dans les dix prochaines années », selon l'ESA. De quoi inspirer l'aventurier quadri-amputé Philippe Croizon, candidat pour voyager à bord de la fusée Starship d'Elon Musk (article en lien ci-dessous) ?

La belle équipe

Avec John McFall, quatre autres hommes et femmes sont les nouveaux visages de la conquête spatiale européenne. La promotion 2022 comprend Rosemary Coogan, une Britannique de 31 ans, et Sophie Adenot, une pilote d'essai d'hélicoptère de 40 ans, deuxième Française après Claudie Haigneré. Les trois hommes sont le Suisse Marco Sieber, l'Espagnol Pablo Alvarez Fernandez et le Belge Raphaël Liégeois. Tous viennent rejoindre les sept astronautes européens en service, issus de la promotion 2009 qui comptait seulement une femme et dont est issu le Français Thomas Pesquet. Leur mission pour les prochains mois ? Une formation d'un an au Centre européen des astronautes de l'ESA à partir du printemps 2023 avant de rejoindre la Station spatiale internationale. La première mission en orbite n'est pas prévue avant 2026.

Illustration article
Partager sur :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • Facebook
"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"

Commentaires1 Réagissez à cet article

Thèmes :

Handicap.fr est gratuit, aidez-nous à le rester. Soutenez-nous !

Handicap.fr vous suggère aussi...
1 commentaire

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.