Orthographe au bac : pas de pitié pour les élèves dys?

Trop de fautes ? -3 points ! Au bac, tous les candidats sont logés à la même enseigne concernant l'orthographe, y compris les élèves "dys". Ils peuvent toutefois bénéficier d'aménagements d'examens, renforcés grâce à une nouvelle circulaire.

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Au baccalauréat, les « coquilles » peuvent coûter très cher, et les élèves dysorthographiques ne sont pas épargnés. Globalement, la partie « Expression », qui évalue la structure des phrases, l'orthographe et le lexique utilisé, vaut trois points (sur vingt). « Mes collègues de français me disent ne pas avoir de consignes très claires lors de la réception des copies (lot indiqué 'avec aménagements'). Les troubles des apprentissages ne sont pas pris en compte dans le barème de notation. Les candidats dysorthographiques sont donc pénalisés. C'est un scandale ! », s'offusque une maman d'enfants « dys » et professeure de lycée. De quels dispositifs de compensation disposent-ils alors lors des examens ?

Des aides humaines et techniques

« Il n'y a pas de consignes particulières pour la prise en compte des difficultés des jeunes dysorthographiques, même si des bilans sont fournis, répond Nathalie Groh, présidente de la Fédération française des dys (FFDys). Les copies sont anonymes. Pour cette raison, ils sollicitent des aides humaines (lecteur scripteur) ou des aides techniques (comme des ordinateurs avec logiciel de reconnaissance vocale ou correcteur d'orthographe). » La loi est claire : « Les candidats qui utilisent habituellement un matériel spécifique doivent prévoir l'utilisation de leur micro-ordinateur, muni des logiciels ad hoc, pouvant inclure un correcteur d'orthographe, sauf pour les épreuves visant à évaluer les compétences en orthographe ». Pour le Diplôme national du brevet (DNB), ils peuvent également bénéficier de la dictée aménagée (à trou et à choix multiples).

Des logiciels d'aide proscrits

Problème ? « En France, l'accès à ces aides techniques est marqué par de fortes inégalités territoriales, dont certaines pourront être qualifiées de discriminations », causées par « des interprétations du cadre réglementaire », pointe la FFDys. Certains rectorats, à l'image de celui de Lyon, proscrivent par exemple l'utilisation de plusieurs logiciels utilisés dans le cadre de la formation (Lire : Dys : des logiciels proscrits aux examens). Des situations qui peuvent être sources, selon la Fédération, de « réelles souffrances pour les élèves et leur famille » et de « stress » à quelques jours des examens et qui, de surcroît, ne correspondent pas à l'esprit de la loi prônant « la non-discrimination et l'égalité des chances dans une école inclusive ».

En dehors des examens, dans le cadre du contrôle continu, le PAP (plan d'accompagnement personnalisé) ou PPS (projet personnalisé de scolarisation), prévoit une mention qui permet de ne pas pénaliser l'élève pour ses fautes d'orthographe. Il propose également de privilégier les évaluations sur le mode oral, de ne noter l'orthographe que si c'est l'objet de l'évaluation, de ne pas pénaliser le soin, l'écriture, la réalisation de figures et, surtout, d'évaluer les progrès pour encourager les réussites.

Des aménagements renforcés

Au-delà de la seule question de l'orthographe, d'autres problématiques sont à l'ordre du jour pour le public dys en général. Néanmoins, « les choses devraient avancer », espère la FFDys, grâce à la circulaire sur les " Adaptations et aménagements des épreuves d'examen et de concours pour les candidats en situation de handicap ou avec un trouble de santé invalidant ", publiée dans le Bulletin officiel n° 10 du 9 mars 2023. Un texte particulièrement attendu par les étudiants et les associations puisqu'il abroge et remplace la circulaire n° 2011-220 du 27 décembre 2011. Il propose notamment, pour les épreuves orales, un allongement des durées de préparation écrite ou une adaptation des conditions de passation plutôt qu'une majoration de la durée de l'entretien oral ainsi qu'une réduction du nombre de textes présenté par le candidat ou encore le remplacement par une épreuve écrite ou pratique. Autre nouveauté : le passage d'épreuves à domicile. Par ailleurs, le service organisateur de l'examen ou du concours doit désormais impérativement informer le président du jury des aménagements dont ont bénéficié certains candidats, dans le respect du principe d'anonymat. « D'autres modalités peuvent être mises en œuvre, encourage la FFDys. Les équipes pédagogiques sont invitées à proposer des évaluations inclusives. »

Un élève, tête baissée, brandit une pancarte « Help »
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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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