140 millions pour "prendre soin" de la psychiatrie

Un complément de 140 millions d'euros en faveur de la psychiatrie, c'est ce que promet Agnès Buzyn. Objectif ? Mieux doter les établissements, pour opérer un rattrapage des moyens et accélérer la dynamique de transformation.

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« La feuille de route a avancé de manière significative depuis un an, le cap est tenu », a déclaré Agnès Buzyn le 23 janvier 2020, lors du Congrès de l'encéphale devant une assemblée de psychiatres. Selon la ministre de la Santé, « les dix chantiers prioritaires identifiés en 2019 sont largement déployés ». Un plan ambitieux pour sauver la santé mentale du naufrage ? La nomination, en avril 2019, d'un délégué ministériel à la Santé mentale et à la psychiatrie, en la personne du Pr Frank Bellivier, incarne cette politique qualifiée de « prioritaire » par la ministre. Le tour de France des régions entamé par ce dernier a « permis de constater l'importante dynamique des Projets territoriaux de santé mentale (PTSM) » qui seront finalisés d'ici juillet 2020 ; ils visent la construction de parcours de soins articulant toutes les compétences, au plus près des milieux de vie.

Le bilan 2019

Deux appels à projets nationaux,  en psychiatrie infanto-juvénile (35 projets retenus pour 20 millions d'euros) et en innovation organisationnelle (42 projets retenus pour 10 millions) ont « concrétisé les capacités de transformation de la psychiatrie », notamment pour développer le dépistage précoce, la gestion de l'urgence et des crises, l'offre ambulatoire et la création d'une offre en pédopsychiatrie là où elle n'existait pas. Ces financements complètent les 80 millions de nouveaux crédits débloqués début 2019 qui ont permis le renforcement de postes de chefs de clinique en pédopsychiatrie, le développement des soins de réhabilitation psycho-sociale, et la création de dix dispositifs de prise en charge globale du psycho traumatisme et d'un centre national ressources. « Cette stratégie converge avec la dynamique quinquennale de la transformation de l'offre médico-sociale engagée favorisant les parcours d'accompagnement précoce et l'inclusion dans le droit commun », assure le ministère de la Santé.

Par ailleurs, dans le cadre de la prévention de la souffrance psychique, le dispositif de veille et de recontacte des suicidants, du nom de Vigilans, a été déployé dans neuf régions permettant de toucher près de 14 000 patients, en parallèle du programme « premiers secours en santé mentale ». Enfin, via 500 Groupes d'entraide Mutuelle (GEM), l'emploi accompagné ou les différents dispositifs d'accès au logement (habitat inclusif, pensions de famille, résidences accueil, « un chez soi d'abord ») ont permis de renforcer le volet de l'insertion sociale et la citoyenneté des personnes avec un handicap psychique.

Et en 2020 ?

Au moins 140 millions d'euros des dotations annuelles de psychiatrie sont promis « pour accompagner le programme de transformation », autour de 4 priorités : consolider le déploiement de la stratégie de prévention de la souffrance psychique et de la promotion de la santé mentale ; développer le repérage précoce et les réponses aux situations d'urgences ; réorganiser l'offre de soins, jusqu'aux publics les plus vulnérables ; et enfin agir « concrètement » pour le respect de la parole, du vécu et des droits des usagers.
 
Pour ce faire, le gouvernement promet « d'accélérer toute une série d'actions de sa feuille de route ». Cela concerne l'achèvement du déploiement de Vigilans, deux nouveaux appels à projets en psychiatrie infanto-juvénile et en innovation organisationnelle, la réforme du financement de la psychiatrie prévue pour 2021, ainsi que des autorisations en psychiatrie. Reste également à définir la notion de « parcours de soins gradués », en reprécisant notamment les missions des CMP (centres médico-psychologiques) et en définissant les conditions d'une participation plus intégrée des psychologues. Il rappelle également l'installation d'un « observatoire » pour consolider les données relatives aux respects des droits des usagers de la psychiatrie et le soutien apporté au développement de la pair-aidance.
 
Un sommet mondial de la santé mentale doit se tenir à Paris en octobre 2020.

@ Twitter Agnès Buzyn

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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