Handicap : de nombreux enfants toujours privés d'école

Résumé : Une semaine après la rentrée, de nombreux enfants en situation de handicap restent privés d'école, faute de personnel pour les accompagner. Si le gouvernement a promis de trouver une solution pour chacun d'eux, les familles s'interrogent : quand ?

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Par Isabelle Tourné

Lorsque lundi dernier, Marie Ruffin est arrivée à l'école de son fils Tom, 5 ans, porteur de trisomie 21, pour sa rentrée en grande section de maternelle à Pézenas (Hérault), ce fut la douche froide. « Il n'y avait pas d'auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour lui », raconte-t-elle. Elle fait alors « le forcing » auprès de la directrice pour qu'elle l'accepte malgré tout. Mais « le lendemain, elle m'a dit que ce ne serait pas possible ». Résultat, elle a dû « chercher une nounou en 4e vitesse pour le faire garder ». Et depuis, « plus rien. J'ai envoyé des mails à tout le monde : au rectorat, à la cellule d'aide mise en place par le ministère. Aucune nouvelle », se désespère-t-elle.

Pas touche aux contrats aidés

Comme son fils, de nombreux enfants n'ont pas pu faire leur rentrée la semaine dernière, par manque d'AVS. Le nombre d'élèves en situation de handicap scolarisés cette année a progressé, pour atteindre plus de 300 000 enfants, dont 164 000 ont besoin d'un accompagnement, soit une hausse de 12% par rapport à 2016. Fin août, le gouvernement avait annoncé que les 50 000 contrats aidés d'AVS seraient « sanctuarisés » pour l'accompagnement des enfants handicapés, et que 8 068 équivalents temps plein supplémentaires par rapport à l'an dernier seraient déployés à la rentrée. « Tous les besoins seront couverts », assurait alors le ministère de l'Éducation. Il s'agit d'« une priorité absolue ».

Depuis, la secrétaire d'État chargée du handicap, Sophie Cluzel, a prévenu que tous les personnels ne seraient peut-être pas présents le jour J pour des raisons logistiques, mais arriveraient peu après. Son ministère a mis en place un numéro vert pour les familles rencontrant des difficultés. « On ne m'a jamais rappelée », se désole Pamela Perra-Rosset. Sa fille, Joséphine, atteinte de trisomie, est rentrée en première année de maternelle près de Lyon. Sans AVS. Pour l'instant, l'école l'accepte le matin. « Mais ma fille s'échappe de la classe et va dans les couloirs, dans la cour de récré »... Elle redoute que, d'ici quelques jours, l'école lui annonce qu'elle ne peut plus la garder. « Si on doit la retirer, je n'ai pas de solution », déplore cette mère, qui travaille à temps plein, tout comme son mari. « On me promet une AVS, mais je ne sais pas quand. Et qu'est-ce qu'on fait en attendant ? »

Derrière les chiffres

La semaine dernière, un appel a été lancé sur plusieurs pages Facebook de parents d'enfants handicapés rassemblant environ 100 000 abonnés, pour partager des témoignages sur les difficultés de la rentrée (article en lien ci-dessous). Une centaine de parents ont répondu. « Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, on a entendu beaucoup de promesses, qui ont fait naître de l'espoir. On savait que la rentrée serait un test », raconte Caroline Boudet, auteure de la page Facebook « Louise and co ». « Derrière les chiffres, nous avons voulu raconter les histoires de ces parents et enfants privés d'école, et décrire les conséquences humaines.» Plusieurs associations évoquent des situations compliquées pour encore « des milliers d'enfants ».

Situation hétérogène sur le territoire

« On avait cette fois envie d'y croire. Mais comme chaque année, de nombreux enfants ne peuvent pas être scolarisés, ou alors pas dans de bonnes conditions, ou encore seulement sur des plages horaires réduites », regrette Marion Aubry, vice-présidente de l'association TouPI, qui défend les droits des personnes handicapées. « La situation sur le territoire est hétérogène », souligne aussi Marie-Christine Philbert, présidente de la Fnaseph (Fédération nationale des associations au service des élèves présentant un handicap). « Certaines écoles accueillent les enfants sans AVS, d'autres non, il manque une circulaire claire sur le sujet », estime-t-elle. Et si les postes sont bien créés, restent les problèmes de recrutement de ces accompagnants, l'emploi restant souvent précaire et peu valorisé.

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Commentaires

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Le 13-09-2017 par Mimi kitty :
Bonjour.
Encore une fois c.est honteux. Nous sommes en 2017 et toujours pas de place pour les enfants porteurs d.un handicap... Ca reflete bien l.image de la France: faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais. Je n.ai pas voulu faire des enfants c.est pour cette raison moi-meme handicapé mes parents se sont debrouillé lorsque j.etais petite et me voici adulte c est le meme constat. Ca me tue de voir ca. C.est l.education nationale qui a voulu fermer les ecoles pour enfants handicapés pour que ces enfants soient integré dans des classes classiques et ces pauvres enfants ne sont pas admis ni accepté et les parents livré a eux-meme. C.est scandaleux que la France fait des lois et qui ne font rien pour appliquer ah siiii pour nous sucrer la aah ils sont fortiches pour aider il y a personne comme d habitude.... courage a tous.

Le 13-09-2017 par Rien ne change depuis 40 ans :
Les associations d'enfants et adultes handicapées sont complices de cette discrimination

Il faut trainer la France devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) autrement rien ne changera

Le 18-09-2017 par luc :
Bonjour
je suis éducateur au SESSAD PRO de Noyon et constate , cette année encore , qu il y a un grand manque d AVS .
Pourtant le ministère de l éducation nationale affirme qu il n y a pas de problème !!
A quand des concertations sur l articulation possible entre l éducation nationale et l éducation spécialisée ??
C est de la que viendront des solutions !
a plusieurs , en équipe , je pense que c est possible; comme nous le faisons au SESSAD PRO de Noyon et depuis longtemps!!

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