La Conférence nationale du handicap boycottée par des asso

Emmanuel Macron présidera, le 26 avril 2023, à l'Elysée la 6e Conférence nationale du handicap, un RDV que certaines associations décident de boycotter, fustigeant un "manque apparent d'ambition" pour améliorer les droits des personnes handicapées.

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Par Catherine Fay-de-Lestrac

DERNIERE MINUTE DU 25 AVRIL AU SOIR
Le Collectif handicaps a mis sa menace à exécution. Son président Arnaud de Broca ne participera pas à la CNH, laissant aux 52 associations composant ce collectif le soin de prendre leur propre décision. L'Unapei, l'Unafam, l'AFM, la fédération Paralysie cérébrale France lui emboitent le pas. A l'inverse, la Fnath, l'Apajh et APF France handicap, qui lance par ailleurs une grande campagne militante le 25 avril via un film projeté à partir de 21h30 sur la façade du Panthéon (Lire : APF France handicap veut mettre l'Etat "au pied du mur"), seront présentes. 

DERNIERE MINUTE DU 24 AVRIL 2023 AU SOIR
Après le refus de l'Elysée de reporter la Conférence nationale du handicap, les associations membres du Collectif handicaps, réunies le 24 avril 2023 au soir en assemblée générale extraordinaire, ont « décidé de conditionner leur présence à une intervention du Collectif d'une durée significative en présence du Président de la République et en amont de son intervention ». « En effet, les seules promesses qui nous ont été faites, à savoir que le Président de la République annoncera des orientations politiques ambitieuses répondant à la décision du Conseil de l'Europe ne peuvent nous suffire pour nous convaincre d'assister à ce qui reste, à ce stade et à nos yeux, une opération de communication du gouvernement », explique-t-il dans un communiqué.    

ARTICLE INITIAL DU 24 AVRIL AU MATIN
Le 26 avril 2023, à l'Elysée, Emmanuel Macron présidera la sixième Conférence nationale du handicap. "La CNH apportera des réponses concrètes pour améliorer la vie des personnes en situation de handicap, leurs familles et les aidants. Tous les sujets de la vie quotidienne seront abordés", a déclaré à l'AFP Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées. "Il y aura un avant et un après CNH dans notre société, notamment en ce qui concerne les droits fondamentaux" de ces personnes, promet-elle.

Donner le cap des politiques publiques du handicap

Ce rendez-vous, qui a lieu tous les trois ans et a pour mission de donner le cap des politiques publiques du handicap, devrait évoquer la scolarisation des enfants, l'emploi, l'accessibilité -par exemple des sites internet ou des petits commerces-, et d'autres aspects de la vie quotidienne, comme la santé ou la facilitation de démarches administratives. Les CNH ont été instaurées par la loi de 2005. Ce rendez-vous réunira à partir de 14h des membres du gouvernement, des élus, les collectivités locales, administrations, associations, entreprises, syndicats, selon le ministère des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées. Au programme : des discours du ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe et de la ministre déléguée Geneviève Darrieussecq, des tables rondes thématiques et, en clôture, une allocution du président de la République.

Mécontentement général parmi les asso

En amont, les associations de défense des personnes concernées par le handicap ont accentué la pression sur l'exécutif et menacé de boycotter la conférence si elle n'était pas reportée. Dans une lettre adressée à M. Macron, le Collectif handicaps, qui regroupe 52 associations, a demandé de reporter cette conférence de "quelques semaines" pour "enclencher une véritable concertation sur les mesures envisagées" (Lire : CNH du 26 avril 2023 : des associations demandent son report ). Il fustige "un manque apparent d'ambition". Son président Arnaud de Broca pointe du doigt "un mécontentement assez général parmi les associations membres" du collectif. "Elles ne sont pas satisfaites de la manière dont les travaux préparatoires se sont déroulés et de l'absence d'information sur les mesures qui seront annoncées et leur financement", a-t-il déclaré à l'AFP. Ces associations se réuniront le 24 avril en fin de journée pour décider de leur participation.

Volonté d'une politique "véritablement ambitieuse"

"Décaler les décisions, les annonces et l'aboutissement du travail mené en commun ne ferait que repousser les solutions attendues en urgence", a répondu Mme Darrieussecq à l'AFP. M. Macron avait fait du handicap une des priorités de son premier quinquennat mais le sujet n'a pas été cité dans les grands chantiers des 100 prochains jours évoqués le 17 avril, déplorent encore les associations. Le Collectif demande une "politique véritablement ambitieuse avec une programmation budgétaire pluriannuelle". Il souhaite que le gouvernement prenne des mesures pour pallier les manquements soulignés par le Conseil de l'Europe, dans un rapport publié mi-avril (Lire : Handicap : la France épinglée par le Conseil de l'Europe).

La France épinglée par le Conseil de l'Europe

Saisi en 2018 par des associations, le Comité européen des droits sociaux (CEDS) de cette organisation internationale basée à Strasbourg et distincte de l'UE, a reproché à la France de ne pas remédier efficacement aux problèmes liés à l'inclusion des enfants et adolescents handicapés dans les écoles ainsi qu'aux difficultés des personnes handicapées à accéder aux services de santé. "Le gouvernement connaissait le rapport du conseil de l'Europe et n'a pourtant apporté aucune réponse pendant la préparation de la conférence. Il y a beaucoup de colère chez les associations et les familles de personnes handicapées", a déclaré à l'AFP Marie-Jeanne Richard, présidente de l'Unafam, qui représente les personnes avec un handicap psychique. Le ministère chargé des Personnes handicapées fait valoir que les conclusions du Comité des droits sociaux du Conseil de l'Europe "se basent sur des réclamations portées en 2018" et que, "depuis, de nouveaux droits ont été ouverts".

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