APF France handicap veut mettre l'Etat "au pied du mur"

Depuis que la France a été épinglée par le Conseil de l'Europe pour non-respect du droit des personnes handicapées, la colère monte au sein des assos. APF France handicap se mobilise du 25 au 30 avril 2023 partout en France pour "interpeller l'Etat".

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« Au pied du mur », c'est là qu'APF France handicap entend mettre le gouvernement à compter du 25 avril 2023. Elle organise cet événement militant à Paris et en simultané dans toute la France. Une date symbolique à double titre. La mobilisation intervient la veille de la Conférence nationale du handicap, qui cristallise de nombreuses inquiétudes puisque la cinquantaine d'associations réunies au sein du Collectif handicaps, « faute de concertation », annoncent, pour certaines, le soir même, boycotter ce rendez-vous organisé à l'Elysée (Lire : La Conférence nationale du handicap boycottée par des asso ). Mais c'est surtout la décision du Conseil de l'Europe rendue publique le 17 avril qui agit comme un détonateur. Selon lui, la France ne respecte pas les droits fondamentaux des personnes handicapées, exigeant donc de prendre des « mesures immédiates ». (Lire : Handicap : la France épinglée par le Conseil de l'Europe). Dans ce contexte, APF France handicap a choisi la rue pour se faire entendre. Les 70 mesures très fortes annoncées le 25 avril par l'Elysée suffiront-elles à apaiser la grogne (Lire : CNH : l'Elysée promet 70 annonces "très fortes") ?

« Au pied du mur », un évènement militant

La soirée du 25 avril débutera dès 21h30 par avec la projection d'un film sur la façade du Panthéon, à Paris. S'ensuivra une prise de parole de la présidente d'APF France handicap, Pascale Ribes. Nouvelle action dès le lendemain, mercredi 26 avril, à 10h, devant la gare de Melun, en Seine-et-Marne : une opération de collage d'affiches dénonciatrices, suivie d'une prise de parole des représentants départementaux de l'association, en présence notamment de la députée européenne Salima Yenbou et de la sénatrice Colette Mélot. Des opérations coups de poing similaires seront relayées dans plusieurs grandes villes de France, à Toulouse, Lyon, Clermont-Ferrand, Rennes, Rouen ou encore Dijon.

Un scénario catastrophe pour Paris 2024 ?

L'objectif ? « Interpeller l'Etat sur le retard inacceptable de la France en matière d'accessibilité », afin que « ses promesses soient tenues et que lois votées par les représentants de la nation soient enfin respectées », explique APF France handicap. A ce sujet, les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur 1,8 million d'établissements recevant du public (ERP) en France, seule la moitié s'est engagée dans une démarche de mise en accessibilité, et 74 % des personnes en situation de handicap se disent insatisfaites de l'accessibilité de la voirie, d'après une enquête menée en 2020 par l'Ifop pour APF France handicap. Ce qui laisse craindre, selon l'association, un « scénario catastrophe » pour les Jeux olympiques et paralympiques 2024, à moins de 500 jours du coup d'envoi. « Malgré l'engagement de Jeux inclusifs, l'organisation de cet évènement mondial révélera le retard français. 350 000 personnes en situation de handicap du monde entier viendront voir les Jeux : des milliers pourraient en être exclus », craint APF France handicap, qui n'a de cesse, depuis plusieurs années, d'interpeller les autorités sur les problèmes d'accessibilité. Rien qu'en 2022, 96 préfets ont été apostrophés sur ce sujet, « seules quatre préfectures ont ponctuellement établi des sanctions administratives », déplore APF.

Sept priorités pour une société plus inclusive

Sera-t-elle plus entendue cette fois ? Le contenu de ses revendications n'a pourtant pas changé. Dans cette nouvelle campagne, du 25 au 30 avril 2023, APF France handicap rappelle ses « sept priorités » pour « concrétiser un environnement sans obstacles, une société ouverte et adaptée à toutes et tous » : la mise en place d'une « réelle et sérieuse politique publique », « l'application de la loi avec ses dispositifs de contrôle et de sanction », la création d'une agence nationale à l'accessibilité universelle, l'abrogation de l'article 64 de la loi Elan pour revenir à un taux de 100 % de logements accessibles dans le neuf, la réintroduction de la logique de 100 % de points d'arrêt accessibles dans les transports, la baisse des dotations de l'Etat pour les collectivités qui ne respectent pas leurs obligations légales en matière d'accessibilité et l'effectivité des modules handicap et accessibilité prévus dans 118 formations initiales. Pour connaître le détail des rendez-vous militants, ville par ville, du 25 au 30 avril 2023, rendez-vous sur le site d'APF France handicap.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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