L'ascension en zigzag de Damien Abad, ministre du handicap

30 ans après avoir livré son 1er combat pour intégrer l'école ordinaire, Damien Abad, née avec une malformation au bras, est élu ministre des Solidarités, de l'Autonomie et du Handicap. Retour sur l'ascension de l'ex patron des députés LR.

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DERNIERE MINUTE DU 4 JUILLET 2022
Damien Abad ne fera pas partie du nouveau gouvernement. Le ministre des Solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, visé par une enquête pour tentative de viol (article en lien ci-dessous), a été écarté du pouvoir. C'est Jean-Christophe Combe, patron de la Croix-rouge française, qui le remplace à cette focntion tandis que Geneviève Darrieussecq est nommée ministre déléguée aux Personnes handicapées (article en lien ci-dessous).

ARTICLE INITIAL DU 20 MAI 2022
Par Charlotte Hill et Anne-Pascale Reboul

L'ex-patron des députés LR Damien Abad, nommé le 20 mai 2022 ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, est selon certains un "méthodique" très "volontaire", mais d'autres critiquent ses louvoiements entre les courants à droite avant qu'il ne rallie la majorité. "Veut-on sauver le pays ou pas ? C'est mieux d'être à l'intérieur ou à l'extérieur (du pouvoir) ?", demandait cet homme de 42 ans peu avant la victoire d'Emmanuel Macron en 2022, pour qui il a voté au second tour de la présidentielle, à rebours d'une partie de la droite.

Sa démission du groupe LR

Pressé par ses collègues LR, il a clarifié sa situation in extremis le 19 mai au soir et claqué la porte du parti, en assurant qu'il n'y avait "aucune contrepartie". "Je ne me reconnais plus dans la démarche LR", a-t-il justifié auprès du Figaro, trouvant "regrettable" que certains dans sa famille "fassent d'Emmanuel Macron l'adversaire numéro un". Sa nomination confirme les spéculations qui couraient depuis plusieurs jours concernant un rapprochement de la majorité présidentielle. Damien Abad lorgnait depuis un moment sur un maroquin. Il a affiché durant le quinquennat passé une ligne "d'opposition ferme et vigilante" mais entendait aussi que son groupe soit "force de proposition".

Premier élu handicapé à l'Assemblée

Ce tenant d'une droite "populaire et sociale" ne ménageait pas toujours le chef de l'Etat, dont "la principale faille" était à ses yeux sa "déconnexion" des Français. Avenant et d'un abord chaleureux, M. Abad avait été en 2012 le premier élu handicapé à siéger à l'Assemblée, étant atteint d'une maladie rare, l'arthrogrypose, qui bloque ses articulations et réduit sa mobilité. Son engagement politique n'est "pas lié à (s)on handicap" qui n'est "ni un frein ni un moteur". Il ne l'a pas empêché de s'adonner à divers sports et d'être classé en ping-pong ou d'obtenir des coupes de cross.

Amarres larguées avec le LR

Il avait pris en novembre 2019 la tête du premier groupe d'opposition au Palais Bourbon, fort d'une centaine d'élus, succédant à Christian Jacob devenu président du parti. Jusqu'à la primaire LR à l'automne dernier, durant laquelle il a très tôt roulé pour Xavier Bertrand, avant de faire la campagne de Valérie Pécresse, à la loyale. Il constatait alors que son parti était "écartelé entre ceux voulant parler à l'électorat de Zemmour ou à l'électorat Macron". Il a finalement largué les amarres. D'autant qu'il aurait eu des difficultés à être reconduit président du groupe LR. "Il a beaucoup déçu, a pris des positions personnelles sans travailler" avec le collectif, fustige un membre de la jeune garde. Un autre considère qu'il n'est "costaud sur rien" et qu'il privilégie "la communication" sur le fond. A l'inverse, plusieurs collègues saluent chez lui "une volonté et une détermination sans faille" ainsi qu'une "ouverture d'esprit sur la société d'aujourd'hui". Damien Abad s'était notamment abstenu sur la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes.

"Tout simplement Abadiste"

Petit-fils de mineur né à Nîmes (Gard), il dit avoir livré son "premier combat" pour être "scolarisé dans une école 'normale' avec les autres". Après un refus dans son village du Gard, il a été "accepté" à Vauvert, commune voisine dont il est devenu conseiller municipal en 2008. Après un master à Sciences-Po Paris, il adhère à l'UDF et devient chargé de groupe à l'Assemblée nationale sur les questions fiscales et budgétaires. Déçu par le "manque de leadership" du président du MoDem François Bayrou, qu'il a néanmoins soutenu pour la présidentielle de 2007, il gagne le Nouveau Centre et est élu plus jeune eurodéputé français en 2009. Il rejoint l'UMP (devenue LR) en 2012, au grand dam du président du NC Hervé Morin. En 2015, il préside le département de l'Ain. Soutien de Bruno Le Maire lors de la primaire de 2016 avant la présidentielle, il fait ensuite campagne pour François Fillon. M. Abad a aussi été vice-président de LR sous Laurent Wauquiez.Des collègues le disent "changeant", du "Lemairisme" au "Fillonisme" puis au "Wauquiézisme". Il est tout simplement "Abadiste", aux yeux d'un élu LR.

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