De l'amputation au semi-marathon : défi inspirant de Mounir

Le 9 mars 2025, 2 ans après l'accident qui lui a coûté sa jambe droite, Mounir Benchanaa est venu à bout du semi-marathon de Paris. Plus qu'une course, c'est un symbole de son combat personnel contre la fatalité. Entretien inspirant.

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Mounir Benchanaa brandit sa médaille à l’issue du semi-marathon de Paris.

Ce semi-marathon a une saveur particulière pour Mounir Benchanaa. Celui d'une belle revanche. Deux ans après avoir perdu sa jambe droite à la suite d'un accident de scooter, le coureur de 37 ans franchit la ligne d'arrivée du « semi » de Paris, le 9 mars 2025 au terme de 21 kilomètres et 2h26 d'efforts. S'il avait déjà participé à trois éditions, c'est sa première avec une prothèse.

« Une poignée de jours après ces quelques secondes qui ont fait basculer mon existence, sur mon lit d'hôpital, après qu'on m'ait annoncé que, peut-être, je ne remarcherais plus jamais, je me suis juré non seulement d'y arriver, mais d'aller plus loin, confie-t-il. Plus qu'une course, c'est un symbole : celui de la reconstruction, de la persévérance et de la volonté de repousser encore mes limites. » Entretien avec ce sportif intrépide.

Handicap.fr : Qu'est-ce qui vous a poussé à participer à cette course ?
Mounir Benchanaa :
Ce semi-marathon symbolise mon combat personnel, ma résilience et mon envie de prouver que le handicap ne définit pas une personne. Courir ces 21 kilomètres, c'était affirmer que, malgré les obstacles, on peut continuer à avancer, à se fixer des objectifs ambitieux et à les atteindre. Mais ce défi n'était pas que personnel : c'était aussi le plaisir immense de partager cette aventure avec 1 100 collègues coureurs d'Harmonie Mutuelle.

H.fr : Que voulez-vous « prouver » avec ce défi ?
MB
 : Qu'il faut croire en ses capacités, quelles que soient les épreuves traversées. Je voulais aussi porter un message fort sur l'inclusion, montrer que chacun a sa place et que le regard sur le handicap doit évoluer.

H.fr : Que vous a-t-il apporté in fine ?
MB :
Beaucoup de fierté et une confiance renforcée. Ce défi m'a prouvé que le travail et la détermination peuvent repousser toutes les limites. Il m'a aussi permis de recevoir un immense soutien de mon entourage et de mes collègues, et de renforcer mon engagement pour l'inclusion du handicap dans la société et le monde du travail.

H.fr : Comment s'est déroulée la préparation ?
MB :
J'ai suivi un entraînement intensif pendant deux ans. Réapprendre à courir avec une prothèse n'est pas simple : il a fallu adapter ma foulée, trouver le bon équilibre et renforcer ma condition physique. J'ai travaillé avec des coachs spécialisés, combinant course, renforcement musculaire et travail mental.

H.fr : Avez-vous traversé des périodes de doute lors des entraînements ? Qu'est-ce qui vous a aidé à les dépasser et à avancer ?
MB :
Bien sûr, il y a eu des moments de fatigue, de douleur et de frustration. Mais j'ai toujours gardé en tête mon objectif. Ce qui m'a aidé, c'est le soutien de mes proches, de ma famille, de mes collègues, ainsi que ma propre volonté de ne rien lâcher. J'ai appris à transformer chaque difficulté en motivation supplémentaire.

H.fr : L'articulation avec votre emploi était-elle difficile ?
MB :
Oui, ça a été un vrai challenge de cumuler les responsabilités liées à mon poste de directeur régional Île-de-France d'Harmonie Mutuelle avec un entraînement intensif. Mais j'ai toujours vu le sport comme un complément essentiel à ma vie professionnelle : il m'apporte équilibre, discipline et persévérance, des qualités qui me servent aussi dans mon travail.

H.fr : Quels bienfaits vous procure le sport ?
MB :
Le sport est une véritable thérapie. Il m'aide à me sentir libre, à repousser mes limites et à me reconnecter avec moi-même. Il est aussi un formidable vecteur de confiance et de dépassement de soi.

H.fr : Quelles valeurs défendez-vous ?
MB :
La résilience : peu importe les épreuves, on peut toujours se relever. L'inclusion : chacun a sa place, quelles que soient ses différences. Le dépassement de soi : nos seules limites sont celles que l'on s'impose. La solidarité : rien ne se fait seul, et le soutien des autres est un levier puissant.

H.fr : La société évolue-t-elle dans le sens de l'inclusion, selon vous ?
MB :
Des avancées existent mais il reste encore beaucoup à faire. L'inclusion du handicap est en progrès, notamment dans le monde professionnel, mais le regard porté sur le handicap doit encore évoluer. Il faut continuer à sensibiliser, à montrer des exemples positifs et à prouver que la différence ne doit pas être un frein. Mon engagement, à travers ce semi-marathon et au sein d'Harmonie Mutuelle, va dans ce sens : montrer qu'une société plus inclusive est non seulement possible, mais nécessaire.

© Hayckel Hamouda

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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