Modes de garde des enfants handicapés : mères en 1ère ligne

Les enfants handicapés de moins de 6 ans vivent 2 fois plus souvent avec un parent isolé et passent moins de temps à l'école, notamment au profit d'une structure spécialisée. La DREES publie une enquête sur leurs modes de garde.

• Par

Ne ratez rien de l'actualité du handicap, en recevant notre lettre d'information ! Inscription

Une mère en train de peindre avec sa fille.

Les enfants en situation de handicap âgés de moins de 6 ans vivent deux fois plus fréquemment que les autres enfants avec un seul de leurs parents (26 % contre 13 %). Dans 93 % des cas, il s'agit de leur mère qui, bien souvent, est éloignée de l'emploi. La part de mères inactives ou au chômage est ainsi deux fois plus élevée (60 % contre 30 %). C'est ce que révèle l'enquête n°1286 de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), publiée le 8 décembre 2023. Elle analyse les modes de garde et le profil des parents des 47 000 enfants âgés de moins de 6 ans bénéficiant de l'Allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) en France métropolitaine en 2021.

Les assistantes maternelles peu sollicitées

Les jeunes en situation de handicap de 0 à 3 ans sont beaucoup plus souvent gardés à titre principal par leurs parents que les autres (78 % contre 56 %). « Ils le sont moins souvent de façon exclusive mais sur des temps plus longs », précise l'étude. Concernant l'inclusion en structure collective ou individuelle, l'accueil en crèche au moins une fois par semaine semaine est aussi répandu mais il est deux fois moins fréquent chez une assistante maternelle. Dans les deux cas, les temps d'accueil sont en moyenne beaucoup plus réduits. Pour répondre à leurs besoins spécifiques, 31 % des enfants handicapés de moins de 3 ans sont pris en charge au moins une fois par semaine dans une structure spécialisée (centres d'action médico-sociale précoce, services d'éducation spéciale et de soins à domicile, centres médico-psycho-pédagogiques, hôpitaux de jour...). Ils y passent en moyenne trois heures par semaine.

Des parents moins satisfaits de leur garde

En outre, les parents qui assurent la garde principale de leur enfant en situation de handicap -que cela corresponde ou non à leur premier choix- se déclarent moins souvent « satisfaits » des conditions de garde que les autres (70 % contre 82 %). « Ces écarts suggèrent que la garde parentale pourrait être moins bien vécue quand l'enfant est en situation de handicap, peut-être parce qu'elle s'inscrit davantage dans la durée et dans l'intensité, puisqu'elle mobilise les familles sur des temps plus longs au cours de la semaine et jusqu'à des âges plus élevés. Cette moindre satisfaction pourrait aussi refléter des attentes déçues en matière d'inclusion dans les autres modes de garde », envisagent les auteurs de l'enquête. Par ailleurs, ces parentsassurent plus fréquemment la garde en dehors des temps d'école, les mercredis et les samedis.

Des enfants moins présents à l'école

Concernant la scolarisation, à 3 ans, elle est moins fréquente pour les enfants handicapés (78 % contre 98 %). Entre 4 et 5 ans, elle est généralisée, et les écarts sont nettement moins marqués (97 % contre 99 %). « Toutefois, quel que soit leur âge, ces jeunes passent en moyenne moins de temps à l'école maternelle que la durée d'enseignement hebdomadaire de 24 heures », probablement en raison de la nécessité d'un suivi médicosocial, explique l'étude. En effet, près de la moitié de ces élèves de 3 à 5 ans sont accompagnés par une structure spécialisée pour une durée moyenne hebdomadaire de 5h30.

Mêmes constats pour les jeunes handicapés non diagnostiqués

« En élargissant le champ du handicap aux enfants présentant un ou plusieurs des critères de handicap mesurés dans l'enquête (limitations dans la vie quotidienne, besoins particuliers ou difficultés dans les échanges) mais sans reconnaissance administrative, il apparaît que les familles concernées présentent des organisations semblables à celles vivant avec un enfant bénéficiaire de l'AEEH, mais avec des écarts moins marqués lorsqu'on les compare aux organisations des autres familles », conclut l'étude.

Partager sur :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • Facebook
"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
Commentaires0 Réagissez à cet article

Thèmes :

Ne ratez rien de l'actualité du handicap, en recevant notre lettre d'information ! Inscription

Handicap.fr vous suggère aussi...
0 commentaire

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.