500 000 personnes handicapées en institutions : en hausse !

Résumé : Même si l'ONU encourage à fermer les institutions françaises et les transformer en services implantés dans la communauté, le nombre de personnes handicapées accueillies dans les établissements médico-sociaux est en hausse. La Dress fait le point !

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Le nombre de personnes handicapées accueillies dans des établissements et services médico-sociaux s'élevait à près de 500 000 fin 2014, soit une hausse de 5,7% par rapport à 2010, selon une étude de la Drees publiée le 12 juillet 2018 (en lien ci-dessous). Dans le détail, 493 000 étaient accueillies dans l'une de ces structures contre 462 900 fin 2010, indique le service statistique des ministères sociaux se basant sur les chiffres d'une enquête quadriennale conduite auprès des établissements et services médico-sociaux (ESMS).

Quel public ?

Parmi les personnes accueillies, 334 800 étaient adultes (contre 311 200 en 2010) et 158 200 étaient enfants (contre 151 700 en 2010). La Drees recensait fin 2014 11 250 établissements, dont 3 760 pour enfants et 7 490 pour adultes, disposant d'un total de 489 200 places. Les adultes étaient, pour la plupart, accueillis en foyer ou dans un établissement et service d'aide par le travail (Esat), les enfants dans les instituts médico-éducatifs (IME) ou dans des services d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad). Quelque 65% des enfants et 59% des adultes étaient de sexe masculin.

Hausse des seniors

Selon l'étude, le vieillissement des personnes handicapées accueillies dans les structures pour adultes, observé entre 2006 et 2010, s'est poursuivi en 2014. Ainsi, "l'âge moyen varie de 37 ans dans les établissements d'accueil temporaire (39 ans en 2010) à 46 ans dans les foyers d'accueil médicalisé (44 ans en 2010)", est-il précisé. La part des personnes de 50 ans ou plus était également en forte hausse par rapport à 2010 (+5 points).

À propos des enfants

Concernant les enfants, "les taux de non-scolarisation ont peu évolué pour ceux accueillis dans des établissements ou services médico-sociaux entre 2010 et 2014", relève la Drees. Ce taux reste "très élevé" pour les enfants fréquentant un établissement dédié au polyhandicap (76%), "assez élevé" pour les enfants accueillis en institut médico-éducatif ou en institut d'éducation motrice (environ 15%), et inférieur à 5% dans les autres situations.

Contraire aux recommandations de l'ONU ?

En octobre 2017, lors d'une première visite officielle en France, la rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées s'était inquiétée du nombre "très élevé" d'enfants et adultes handicapés résidant dans des institutions (article en lien ci-dessous). Catalina Devandas-Aguilar, experte bénévole, avait appelé le gouvernement à lancer "un plan d'action pour fermer progressivement ces institutions et les transformer en services implantés dans la communauté".

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 14-07-2018 par Gougou80 :
Et si on parlait des chiffres qui déplaisent?
certes il faut DÉCLOISONNER à tous les niveaux mais ni l école ni le travail sont Accessibles raisonnablement à tous!
Après des années de " saupoudrage" pour les places en IME, MAS ou FAM pour les enfants et adultes dépendants 24h/24 ( TED Polyhandicape etc)
Ok mais on est très loin pour ces populations du Zéro sans solution" tant espérées sauf pour la Belgique...

Le 15-07-2018 par Cachons enfants de la patrie :
500 000 personnes handicapées en institutions
Il faut cacher les personnes handicapées du regard des français
Un grand pas vers l'inhumanité Mme Cluzel

Le 17-07-2018 par marc :
Depuis la loi de 2005, on nous parle chaque année de laugmentation des élèves handicapés à lécole de tous, de vie parmi nous, mais alors, les IME, les foyers et autres ESAT devraient diminuer.. En fait, on nous mentait, il y a de plus en plus de monde en institutions. Les IME ont même des listes dattente !
Nos politiques de droite et de gauche ont tous renoncé à prendre des décisions
Si tous ne peuvent pas sintégrer, que ceux qui le peuvent, puissent, sans quil y ait toujours plus de pression, en 2018 pour aller en IME. La plupart des personnes déficientes intellectuelles accueillies en institutions peuvent et veulent vivre en milieu ordinaire, ne plus dépendre dorientations MDPH : on trouve même dans des ESAT des couples avec enfants, permis de conduire !
Les associations gestionnaires des institutions ont fait du lobbying auprès de lEducation Nationale, des MDPH, ont créé des classes externalisées, pour maintenir ou ramener dans leurs IME les élèves handicapés.

Le 17-07-2018 par marc :
On trouve maintenant en ULIS des élèves en difficultés scolaires, sociales, les élèves handicapés sont relégués en IME. Plus on parle dinclusion, plus on recule.

Exemples : un enfant trisomique de 12 ans en IME qui ne sait toujours pas lire et qui creuse son retard par rapport à ceux qui sont en ULIS ou en classe primaire ordinaire avec AVS, de lorthophonie en libéral bien plus performante quen CAMSP ou IME.

Les solutions existent : appartements (ou maisons) inclusifs y compris en rural, avec offre de services daide et de surveillance financés par une PCH mutualisée, non gérés par des institutions, librement choisis par la personne, hors orientation MDPH ; donner aux entreprises léquivalent du coût dune place en ESAT, pour accompagner la personne déficiente intellectuelle.

Le 05-08-2018 par Michèle :
Oui des solutions existent mais aucune aide de l etat donnons leur chance aux enfants handicapés déscolarisés voir école la chrysalide ST nazaire pour une vraie insertion sociale et professionnelle

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